Protection sociale : le gouvernement accélère le déploiement du soutien social au Maroc
Le soutien social s’affirme désormais comme l’un des axes structurants de l’action publique au Maroc. Lors de la conférence de presse hebdomadaire tenue le jeudi 15 janvier, le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a longuement défendu ce chantier qu’il qualifie de « stratégique », en le présentant comme l’une des traductions concrètes des Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en faveur d’un État social aux bases durables.
Selon le porte-parole de l’Exécutif, la politique de soutien social ne relève pas d’une série de mesures ponctuelles, mais d’une réforme de fond qui s’inscrit dans une vision globale de renforcement de la protection sociale. « Nous sommes devant l’un des nouveaux grands chantiers de notre pays », a-t-il affirmé, rappelant que le gouvernement a engagé, depuis le début du mandat, un important travail réglementaire pour mettre en œuvre cette orientation, à travers l’adoption de nombreux décrets et dispositifs d’application.
Une nouvelle aide ciblée pour les enfants sans soutien familial
Parmi les derniers textes adoptés, Mustapha Baitas a mis en avant un décret instaurant une aide mensuelle spécifique destinée aux enfants orphelins et à ceux pris en charge dans les établissements de protection sociale. Cette mesure s’inscrit dans l’application de la loi 58-23 et vise à introduire une approche plus structurante de l’accompagnement des mineurs en situation de vulnérabilité.
Concrètement, les bénéficiaires pourront percevoir un montant mensuel de 500 dirhams, versé sur des comptes dédiés ouverts à leur nom, après validation de leurs dossiers par l’agence compétente. Les sommes accumulées resteront bloquées pendant la période de prise en charge et seront récupérées par les enfants à leur sortie des établissements. « Ils emporteront avec eux un capital de départ, susceptible de les aider à entamer leur parcours de vie », a expliqué le porte-parole, évoquant « un changement de paradigme » dans la manière d’aborder la protection sociale de l’enfance.
Un dispositif désormais massif
Au-delà de cette mesure ciblée, le gouvernement revendique une montée en puissance rapide et significative du système global de soutien social. D’après les chiffres communiqués, près de 3,9 millions de familles sont aujourd’hui couvertes à l’échelle nationale. Parmi elles, 2,4 millions de ménages comptent des enfants, tandis qu’environ 1,5 million sont composés d’adultes sans enfants à charge.
Le dispositif bénéficie également à des catégories considérées comme prioritaires. Le porte-parole a ainsi évoqué 5,5 millions d’enfants, 390.000 veuves, 1,3 million de personnes âgées et 390.000 veufs intégrés dans le système. « Les bénéficiaires sont aujourd’hui quatre fois plus nombreux qu’avant la mise en place de ce nouveau mécanisme », a-t-il souligné, en présentant cette évolution comme l’un des marqueurs de la nouvelle orientation sociale de l’État.
Un effort budgétaire assumé
Cette extension rapide du périmètre du soutien social s’accompagne d’un engagement financier conséquent. Pour l’année en cours, l’enveloppe dédiée au seul chantier de la protection sociale est estimée à environ 41,5 milliards de dirhams. Un montant qui, selon Mustapha Baitas, illustre la centralité de ce dossier dans les priorités de l’Exécutif, indépendamment des autres mesures à caractère social prévues par la loi de finances.
Pour le gouvernement, ce choix budgétaire reflète une philosophie politique claire : faire du soutien social un levier de cohésion, de stabilité et de réduction des inégalités, dans un contexte marqué par la transformation des attentes sociales et l’élargissement des besoins.
Un chantier encore en phase de déploiement
Le porte-parole a toutefois reconnu que cette politique publique se situe encore dans une étape d’exécution. Plusieurs textes sont toujours en cours d’élaboration ou d’application, et les mécanismes doivent encore être affinés. « Nous sommes dans une phase de mise en œuvre », a-t-il précisé, en admettant que le temps sera nécessaire pour évaluer pleinement l’impact des dispositifs, identifier les dysfonctionnements éventuels et ajuster les outils.
Il a, à ce titre, assuré que le gouvernement reste ouvert au débat institutionnel et parlementaire autour du soutien social. « Nous sommes disposés à discuter de ce chantier afin de corriger les déséquilibres qui pourraient apparaître », a-t-il conclu, tout en réaffirmant que cette réforme constitue l’un des socles de la construction progressive de l’État social au Maroc.
-
22:01
-
21:45
-
21:42
-
21:31
-
21:09
-
20:44
-
20:31
-
20:01
-
19:30
-
19:09
-
18:41
-
18:29
-
18:07
-
17:39
-
17:31
-
17:07
-
16:44
-
16:31
-
16:04
-
15:44
-
15:31
-
15:05
-
14:44
-
14:31
-
14:04
-
13:44
-
13:31
-
13:23
-
13:04
-
13:03
-
12:44
-
12:31
-
12:22
-
12:02
-
11:43
-
11:35
-
11:31
-
11:00
-
10:45
-
10:42
-
10:31
-
10:01
-
09:44
-
09:30
-
09:06
-
08:54
-
08:44
-
08:31
-
08:11
-
08:00
-
07:44
-
07:27
-
07:21
-
07:19
-
07:08
-
23:44
-
23:31
-
23:03
-
22:44
-
22:31