11e Symposium Fiscal Africain : le Maroc plaide pour une Afrique actrice de son avenir fiscal
Le Maroc accueille, du 3 au 5 juin à Rabat, la 11e édition du Symposium Fiscal Africain, un rendez-vous majeur consacré aux enjeux fiscaux du continent. Organisé par le Bureau International de Documentation Fiscale (IBFD), à travers son Centre d’études sur la fiscalité africaine (CSAT), en partenariat avec la Direction Générale des Impôts (DGI), cet événement marque une première historique pour l’Afrique du Nord.
Réunissant responsables gouvernementaux, administrations fiscales, experts, universitaires et représentants du secteur privé, cette rencontre intervient dans un contexte de profonde mutation de l’ordre fiscal international. Lors de la séance d’ouverture, le Directeur Général de la DGI, Younès Idrissi Kaitouni, a souligné l’importance de cette édition organisée pour la première fois dans le Royaume.
Selon lui, l’Afrique se trouve aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire fiscale. Longtemps considérée comme un simple récepteur de normes élaborées ailleurs, elle dispose désormais de l’opportunité de contribuer activement à la définition des règles qui encadreront la fiscalité mondiale de demain.
Une vision africaine de la fiscalité internationale
Au cœur des débats figure la volonté de bâtir une approche fiscale adaptée aux réalités économiques du continent. Cette ambition repose sur la nécessité de concilier les standards internationaux avec les spécificités africaines, notamment le poids du secteur informel et les besoins croissants en financement du développement.
Les participants examineront plusieurs dossiers stratégiques qui influencent directement la souveraineté économique des États africains. Parmi eux figurent la fiscalité des transactions transfrontalières, les mécanismes de prix de transfert, les conventions fiscales internationales ainsi que la transformation numérique des administrations fiscales.
Ces questions dépassent largement le cadre technique. Elles concernent la capacité des pays à préserver leurs ressources fiscales, à lutter contre les transferts artificiels de bénéfices et à assurer une répartition plus équitable de la valeur créée sur leurs territoires.
Le Maroc met en avant son expérience de réforme
Le choix du Maroc comme pays hôte reflète également les avancées réalisées ces dernières années dans le domaine fiscal. Depuis les Assises nationales sur la fiscalité de 2019, le Royaume a engagé une réforme d’envergure visant à moderniser son système fiscal.
Encadrée par la loi-cadre n° 69-19, cette transformation repose sur plusieurs principes fondamentaux : l’équité, la neutralité, la simplicité et la transparence. Elle s’accompagne d’une accélération de la digitalisation des procédures administratives et d’efforts visant à améliorer la prévention et la résolution des litiges fiscaux.
Cette thématique occupe d’ailleurs une place importante dans les travaux du symposium, offrant aux participants l’occasion d’examiner les bonnes pratiques développées par le Maroc en matière de règlement des différends fiscaux.
Une coopération fiscale au service de l’intégration africaine
Au-delà des enjeux nationaux, les intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer la coopération fiscale entre les pays africains. Dans un contexte marqué par la montée en puissance de la Zone de libre-échange continentale africaine, l’harmonisation des pratiques fiscales apparaît comme un levier essentiel pour stimuler les investissements et sécuriser les échanges commerciaux.
Les responsables présents à Rabat estiment qu’un environnement fiscal stable, transparent et prévisible constitue l’un des piliers indispensables à une croissance durable. Une telle approche permettrait au continent de mieux valoriser ses atouts démographiques, technologiques et économiques tout en renforçant sa place dans la gouvernance fiscale mondiale.
À travers ce symposium, le Maroc réaffirme ainsi son engagement en faveur d’une Afrique capable de défendre ses intérêts, de porter sa propre vision du développement et de participer pleinement à l’élaboration des règles qui façonneront l’économie mondiale de demain.
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