À Mogadiscio, la Somalie organise des élections locales historiques sous haute sécurité
Pour la première fois depuis près de soixante ans, les habitants de la capitale somalienne sont appelés aux urnes. Ce jeudi 25 décembre, Mogadiscio accueille des élections locales au suffrage universel direct, un rendez-vous inédit dans l’histoire politique récente de la Somalie, marqué par de forts enjeux sécuritaires et institutionnels.
Selon la commission électorale, près de 400.000 électeurs inscrits doivent départager 1.600 candidats pour 390 sièges municipaux dans la région de Banaadir, qui concentre plus de deux millions d’habitants. Le scrutin se déroule dans un contexte de tensions persistantes, alors que le pays fait face depuis 2006 à une insurrection armée menée par les islamistes chabab, affiliés à Al-Qaida.
Un dispositif sécuritaire exceptionnel a été déployé pour l’occasion. Plus de 10.000 membres des forces de sécurité sont mobilisés dans la capitale, appuyés par des mesures renforcées de surveillance, des check-points et des patrouilles en civil. Les autorités affirment que ces efforts ont permis une baisse significative des attaques à Mogadiscio, malgré plusieurs incidents recensés ces derniers mois, dont des tirs près de l’aéroport et une tentative d’attentat visant un convoi officiel. À titre préventif, l’aéroport international de la capitale est resté fermé le jour du scrutin.
Au-delà de l’enjeu local, ces élections constituent un test politique majeur à l’approche de la présidentielle prévue en 2026, au terme du mandat du président Hassan Cheikh Mohamoud. Le retour au suffrage direct, approuvé par le gouvernement fédéral en 2024, est perçu par une partie de l’opposition comme une manœuvre politique destinée à consolider le pouvoir en place. Plusieurs partis ont d’ailleurs boycotté le scrutin, dénonçant un processus jugé unilatéral.
Sur le plan historique, le vote direct avait été abandonné en 1969 après l’arrivée au pouvoir du dictateur Siad Barré. Depuis sa chute en 1991, la vie politique somalienne repose principalement sur un système clanique. Des exceptions existent toutefois, notamment au Somaliland, qui pratique le suffrage universel sans reconnaissance internationale, et au Puntland, où une expérience similaire a été tentée avant d’être abandonnée.
Si les autorités saluent un « moment fondateur » pour la démocratie somalienne, plusieurs analystes restent prudents, évoquant une participation limitée et un climat politique polarisé. À un an des échéances nationales, l’absence de consensus sur l’organisation des prochaines élections législatives et présidentielle laisse planer le risque de nouvelles tensions institutionnelles.
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