À Rabat, les trottoirs de l’Agdal retrouvent leur vocation après une vaste opération de libération de l’espace public
Depuis plusieurs jours, les autorités locales mènent une importante campagne de libération de l’espace public dans plusieurs quartiers de Rabat, avec un accent particulier sur l’Agdal. L’opération vise à mettre fin aux occupations irrégulières des trottoirs par les terrasses de cafés, les étals de commerces, les marchandises et divers aménagements installés au fil des années. Si cette initiative est largement saluée par de nombreux habitants, elle suscite également des inquiétudes chez une partie des commerçants.
Dans ce quartier emblématique de la capitale, les transformations sont déjà visibles. Les trottoirs, autrefois encombrés par des tables, des présentoirs, des cagettes de fruits et légumes, des bonbonnes de gaz ou encore des objets décoratifs, retrouvent progressivement leur fonction première : permettre aux piétons de circuler librement et en toute sécurité.
Une meilleure accessibilité pour les habitants
Pour de nombreux riverains, cette campagne répond à une attente de longue date. Bien que certaines rues disposent de larges trottoirs, leur occupation croissante compliquait les déplacements quotidiens, en particulier pour les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite et les parents accompagnés de jeunes enfants.
Les habitants estiment que la restitution de ces espaces améliore considérablement le confort de circulation. Les poussettes, fauteuils roulants ou simples déplacements à pied ne nécessitent plus de contourner des obstacles ni de descendre sur la chaussée, une situation qui représentait auparavant un véritable risque pour la sécurité.
Au-delà du confort, cette opération rappelle l’importance de préserver un espace public accessible à tous et conforme aux règles d’urbanisme.
Les commerçants préoccupés par les conséquences économiques
Si la nécessité d’un meilleur partage de l’espace public est généralement reconnue, plusieurs commerçants regrettent les conditions de mise en œuvre de cette opération. Beaucoup expliquent que ces installations extérieures existaient depuis de nombreuses années sans faire l’objet de contrôles stricts, ce qui les avait conduits à investir dans des aménagements parfois coûteux.
Les gérants de cafés soulignent notamment que les terrasses représentent une part importante de leur capacité d’accueil et de leur chiffre d’affaires, particulièrement dans un quartier où la concurrence est importante. La réduction du nombre de tables pourrait, selon eux, avoir un impact direct sur leur activité.
Les commerces de proximité, notamment les épiceries, expriment des préoccupations similaires. L’exposition de produits à l’extérieur constituait un moyen d’attirer la clientèle et de valoriser les marchandises visibles depuis la rue.
Vers une application durable des règles
Cette campagne met en évidence une problématique récurrente dans la gestion de l’espace urbain : le retour à une application stricte de règles qui avaient parfois été insuffisamment contrôlées pendant de longues années.
Plusieurs professionnels souhaitent désormais que les autorités définissent des critères clairs concernant les occupations autorisées, les dimensions des terrasses et les espaces réservés aux piétons. Ils appellent également à une application uniforme de la réglementation afin que tous les établissements soient soumis aux mêmes exigences.
Pour les habitants favorables à l’opération, cette initiative constitue une étape importante vers une ville plus accessible, plus sûre et plus respectueuse des usages collectifs. Reste à savoir si cette politique sera maintenue dans la durée et étendue à d’autres quartiers de Rabat.
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