Affaire « Escobar du Sahara » : le procès en appel reporté au 26 août à Casablanca
La procédure en appel dans l’affaire dite « Escobar du Sahara » a officiellement débuté ce mercredi devant la chambre criminelle d’appel près la Cour d’appel de Casablanca. Dès l’ouverture de l’audience, la juridiction a décidé de reporter les débats au 26 août, afin de permettre aux différentes parties de prendre connaissance du dossier et de préparer leur défense.
Les accusés ont participé à cette première audience par visioconférence, tandis que leurs avocats étaient absents, en raison du mouvement de grève qui touche une partie de la profession depuis plusieurs mois dans le cadre de la contestation du projet de loi encadrant l’exercice du métier d’avocat.
Un appel après de lourdes condamnations
Cette nouvelle étape judiciaire intervient quelques semaines après le jugement rendu en première instance, le 25 juin. Parmi les principaux condamnés figure Abdenbi Bioui, ancien président de la région de l’Oriental, qui a écopé de 12 ans de prison ferme et d’une amende de 150.000 dirhams.
Saïd Naciri, ancien député et ex-président du Wydad Athletic Club, a été condamné à 10 ans de réclusion, tout comme l’ancien parlementaire Mir Belkacem. Les autres personnes poursuivies dans cette affaire ont reçu des peines allant de deux à neuf ans de prison, accompagnées, selon les cas, d’amendes ainsi que de mesures de confiscation de biens et de fonds.
Une nouvelle arrestation relance le dossier
L’ouverture de la procédure d’appel intervient dans un contexte marqué par un nouveau développement judiciaire. Les services de la Brigade nationale de la police judiciaire ont récemment interpellé à Mohammedia Abdelhak Laghzaoui, connu sous le surnom de « Taounati », après plusieurs années de fuite.
Présenté au procureur général du Roi près la Cour d’appel de Casablanca, il est soupçonné d’avoir assuré des fonctions de fournisseur et de logisticien au sein du réseau au cœur de cette affaire.
Selon les éléments de l’enquête, il serait impliqué dans l’acheminement de plusieurs cargaisons de stupéfiants, dont deux chargements de 15 tonnes en 2020 et de 10 tonnes en 2021, qui avaient été interceptés par les autorités.
Les procès-verbaux évoquent également sa présence lors d’une réunion organisée dans la villa de la chanteuse Latifa Raâfat, en compagnie du ressortissant malien Ahmed Ben Ibrahim, présenté comme un baron de la drogue, ainsi que d’Abdenbi Bioui et de Saïd Naciri.
Le renvoi de l’audience au 26 août doit désormais permettre à la juridiction d’aborder le fond du dossier dans le cadre de cette procédure d’appel, très suivie en raison des personnalités impliquées et de la portée judiciaire de cette affaire.
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