Afghanistan : une frappe sur un centre médical fait des centaines de victimes
Une nouvelle escalade du conflit entre l’Afghanistan et le Pakistan a plongé Kaboul dans le chaos. Lundi soir, une frappe aérienne attribuée à Islamabad a touché un centre hospitalier de la capitale afghane, provoquant un bilan humain particulièrement lourd, selon les autorités locales.
D’après le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Abdul Mateen Qani, « des centaines de morts et de blessés » sont à déplorer. Un autre responsable gouvernemental a évoqué un chiffre encore plus élevé, estimant à environ 400 le nombre de victimes. Sur place, des journalistes ont constaté l’ampleur de la catastrophe, avec de nombreux corps et blessés pris en charge dans des conditions d’urgence.
L’établissement visé accueillait entre 2.000 et 3.000 patients, dont une grande partie suivait des traitements liés aux addictions. Plusieurs structures médicales de la capitale ont été mobilisées pour accueillir les survivants, tandis que les opérations de recherche se poursuivent dans les décombres.
Au lendemain de la frappe, des dizaines de familles se sont rassemblées devant l’hôpital, espérant obtenir des nouvelles de leurs proches. Certaines témoignent d’une attente insoutenable, entre incertitude et désespoir, dans un contexte où l’identification des victimes reste difficile.
Selon des témoins, des avions de chasse auraient survolé la zone avant que des explosions ne retentissent, suivies d’un incendie qui a ravagé une partie du bâtiment. De son côté, le Pakistan affirme avoir visé des « cibles militaires et terroristes », assurant avoir pris des précautions pour éviter les pertes civiles.
Cet épisode s’inscrit dans un cycle de tensions croissantes entre les deux pays voisins. Depuis plusieurs mois, Islamabad accuse Kaboul d’abriter des groupes armés responsables d’attaques sur son territoire, ce que les autorités afghanes contestent fermement. Malgré des périodes d’accalmie relative, les affrontements ont repris avec intensité ces dernières semaines.
Les Nations unies s’inquiètent de la détérioration rapide de la situation. Selon leurs estimations, des dizaines de civils ont déjà été tués depuis fin février, et des milliers de familles ont été déplacées. L’organisation appelle à une désescalade immédiate et à la protection des infrastructures civiles, notamment les hôpitaux.
Parallèlement, les tentatives de médiation internationale peinent à aboutir. Des initiatives diplomatiques, notamment menées par la Chine, n’ont pas permis de faire cesser les hostilités. Les experts redoutent désormais un enlisement du conflit, avec des conséquences humanitaires majeures pour une population déjà fragilisée.
Dans ce contexte, les organisations humanitaires alertent sur le risque d’aggravation de la crise alimentaire et sanitaire. La persistance des violences pourrait accentuer la vulnérabilité de millions d’Afghans, pris au piège d’un conflit dont l’issue reste incertaine.
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