Afghanistan – Pakistan : de nouvelles frappes ravivent les tensions à la frontière
La situation sécuritaire entre l’Afghanistan et le Pakistan connaît une nouvelle escalade après une série de frappes aériennes menées par l’armée pakistanaise dans l’est du territoire afghan. Alors qu’Islamabad affirme avoir visé des groupes armés responsables d’attaques sur son sol, les autorités afghanes font état d’un lourd bilan civil, illustrant une nouvelle fois la dégradation des relations entre les deux pays voisins.
Selon le gouvernement afghan dirigé par les talibans, les bombardements ont causé la mort de 36 civils, parmi lesquels figurent des femmes et des enfants. Les autorités indiquent également que 163 personnes ont été blessées lors de cette opération militaire, ajoutant qu’une seconde frappe aurait touché la zone alors que des habitants participaient aux premiers secours.
De son côté, le Pakistan affirme avoir conduit une opération ciblée contre le groupe Jamaat-ul-Ahrar, une faction armée liée au Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP). Le ministre pakistanais de l’Information, Attaullah Tarar, a précisé que trois sites situés dans les provinces de Paktia, Paktika et Kunar avaient été visés par des frappes de précision, entraînant, selon Islamabad, la mort de 25 combattants.
Les autorités pakistanaises présentent cette offensive comme une réponse à une attaque perpétrée contre un camp des Rangers à Karachi ainsi qu’à plusieurs incidents récents enregistrés dans les régions frontalières. L’armée pakistanaise attribue ces actions au Jamaat-ul-Ahrar, qu’elle considère comme l’un des groupes armés les plus actifs opérant contre ses forces de sécurité.
Ces nouveaux bombardements s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes entre les deux pays. Le Pakistan accuse régulièrement les autorités afghanes d’héberger des combattants du TTP sur leur territoire, une accusation systématiquement rejetée par Kaboul.
Depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan en 2021, les relations bilatérales se sont considérablement détériorées. Les affrontements ponctuels observés le long de la frontière ont progressivement laissé place à des opérations militaires de plus grande ampleur, incluant des frappes aériennes et des échanges de tirs.
Selon les Nations unies, plusieurs centaines de civils afghans ont déjà perdu la vie au cours des derniers mois en raison de cette montée des violences. Malgré une brève accalmie observée pendant la fête de l’Aïd al-Fitr, les hostilités ont rapidement repris, compliquant les efforts diplomatiques engagés par plusieurs acteurs internationaux.
La Chine figure notamment parmi les pays ayant tenté de favoriser un dialogue entre Islamabad et Kaboul, sans parvenir à instaurer un mécanisme durable de désescalade. Dans le même temps, la fermeture prolongée d'une grande partie de la frontière continue de peser sur les échanges commerciaux et les activités économiques des populations vivant de part et d’autre.
Alors que les deux capitales maintiennent des positions irréconciliables sur la présence de groupes armés dans les zones frontalières, cette nouvelle flambée de violence souligne la fragilité de la stabilité régionale et les difficultés rencontrées pour mettre fin à un conflit qui dépasse désormais les seules questions de sécurité intérieure.
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