Afrique du Sud : la CEI rejette les accusations de l’ANC sur le dépôt des candidatures
La Commission électorale indépendante d’Afrique du Sud (IEC) a fermement rejeté les accusations du Congrès national africain (ANC), qui évoquait des difficultés techniques pour expliquer le dépôt tardif de certaines candidatures aux prochaines élections des collectivités locales. Le différend intervient alors que les partis finalisent leurs listes avant le scrutin prévu le 4 novembre 2026.
La Commission électorale ferme la porte à un nouveau délai
L’IEC affirme qu’aucune formation politique ni aucun candidat indépendant ne bénéficiera d’un délai supplémentaire après la clôture officielle du dépôt des candidatures, fixée au vendredi 28 août à 17 heures.
La Commission assure par ailleurs que sa plateforme numérique est demeurée accessible pendant toute la période prévue pour l’enregistrement, y compris durant les dernières heures précédant la fermeture du système.
Cette position complique directement la situation de l’ANC, qui avait fait état de problèmes techniques et administratifs lors de la dernière journée de dépôt.
L’ANC reconnaît des candidatures encore incomplètes
Le parti au pouvoir depuis 1994 assure avoir enregistré l’immense majorité de ses candidats. Sa porte-parole nationale, Mahlengi Bhengu, a néanmoins reconnu que certaines candidatures n’avaient pas été finalisées à temps.
Selon elle, les difficultés rencontrées concerneraient un nombre limité de dossiers et seraient liées au fonctionnement du processus administratif et technique. Le parti espère donc encore pouvoir régulariser certaines situations auprès de la Commission électorale.
Cette version contraste avec les déclarations précédentes du secrétaire général de l’ANC, Fikile Mbalula, qui avait rejeté l’idée d’un dépassement du délai et affirmé que le parti avait effectué les démarches nécessaires dans les temps.
Le Cap-Oriental au centre des inquiétudes
Les conséquences pourraient être particulièrement sensibles dans la province du Cap-Oriental. Des informations font état de candidatures de l’ANC potentiellement absentes dans plusieurs municipalités, aussi bien pour les élections de circonscription que pour la représentation proportionnelle.
Si la CEI maintient sa décision de ne pas rouvrir le processus, le parti pourrait être contraint de composer avec des listes incomplètes dans certaines zones. Une situation susceptible de perturber ses préparatifs électoraux à quelques semaines du scrutin.
La Commission rappelle toutefois que les partis disposaient d’une période suffisamment longue pour effectuer leurs démarches. Le dépôt des candidatures avait en effet été ouvert dès le 21 juin, permettant aux formations de préparer et de saisir leurs informations en amont de la période officielle d’enregistrement.
Un scrutin local sous haute tension
La controverse intervient dans une campagne qui s’annonce particulièrement disputée. Entre 28,5 et 30 millions d’électeurs devraient participer aux élections locales, parmi lesquels près de 2,9 millions de nouveaux inscrits enregistrés lors des premières opérations de mobilisation.
L’ampleur du scrutin constitue également un défi logistique majeur pour la Commission. Celle-ci anticipe potentiellement plus de 100.000 candidatures réparties dans plus de 4.468 circonscriptions électorales, contre environ 95.000 candidats lors des élections locales de 2021.
Les jeunes, un enjeu majeur pour les partis
La participation des jeunes représente un autre défi important pour les formations politiques. En juin, la Commission électorale avait indiqué que plus de 70 % des Sud-Africains en âge de voter appartenant à cette catégorie n’étaient pas inscrits sur les listes électorales.
Cette faible inscription pousse les partis à revoir leurs stratégies de communication et de mobilisation afin de toucher un électorat jeune particulièrement difficile à capter par les canaux politiques traditionnels.
Parallèlement, une étude récente d’Ipsos souligne une autre fragilité du paysage politique : près de 47 % des Sud-Africains interrogés estiment qu’aucun parti ne défend réellement leurs opinions.
Dans ce contexte, la bataille autour des listes de candidats dépasse donc la seule question administrative. Pour l’ANC comme pour ses concurrents, la capacité à présenter des candidatures complètes et à mobiliser les électeurs sera déterminante dans un scrutin local appelé à mesurer les rapports de force politiques sur le terrain.
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