Agadir en colère : le ministre de la Santé frappe fort après des décès maternels
Agadir est entrée en ébullition. Dimanche 14 septembre, des centaines de citoyens ont envahi l’esplanade de l’hôpital régional Hassan II, pancartes à la main et slogans à la bouche, pour dénoncer la dégradation du système de santé et réclamer des comptes après plusieurs décès de femmes enceintes. Le choc de ces drames a transformé la colère populaire en un appel national à la réforme.
Cette mobilisation a visé directement la direction régionale de la santé, accusée de silence et de négligence. Les manifestants exigent l’ouverture du centre hospitalier universitaire d’Agadir, la création de maisons de maternité, le renfort urgent en personnel médical et paramédical et l’équipement de l’hôpital en matériel de réanimation et de soins intensifs. Plusieurs associations ont également dénoncé des pratiques suspectes liées à l’orientation de patients contre rémunération et ont réclamé l’arrêt immédiat de ces interventions.
Sous la pression de la rue, le ministre de la santé et de la protection sociale, Amin Tahraoui, s’est déplacé mardi matin à Agadir pour constater la situation. Il a annoncé une série de mesures d’urgence. Une commission centrale a été dépêchée pour suivre l’évolution de l’hôpital et ses premiers rapports ont déjà conduit à la révocation du directeur de l’établissement. D’autres décisions sont attendues contre des responsables régionaux et provinciaux, afin d’introduire de nouvelles équipes et d’assurer la réhabilitation de la structure.
Le ministre a confirmé la résiliation des contrats des sociétés de nettoyage, de sécurité et d’accueil, dénonçant des lacunes visibles dans plusieurs services. L’absentéisme répété et non justifié de certains médecins et infirmiers sera sanctionné. Concernant les ruptures de stocks de médicaments, des mesures exceptionnelles ont été prises pour constituer des réserves pour plusieurs mois et réorganiser leur gestion. L’hôpital sera équipé d’un nouveau scanner opérationnel dès la semaine prochaine, et des contrats de maintenance régulière ont été conclus pour éviter les pannes chroniques.
Sur le volet infrastructures, Amin Tahraoui a rappelé que l’hôpital, vieux de plus de cinquante ans, bénéficiera d’un plan de réhabilitation de 200 millions de dirhams, en partenariat avec le conseil régional, tout en garantissant la continuité des services pendant les travaux. Quant aux décès survenus récemment, l’inspection générale du ministère a été saisie pour enquêter et transmettre ses rapports au parquet afin de déterminer les responsabilités légales.
Malgré ces annonces, la colère ne retombe pas complètement. Les collectifs citoyens réclament toujours des visites officielles sur le terrain et préviennent que d’autres sit-in pourraient suivre si des améliorations tangibles ne sont pas rapidement visibles. À Agadir, l’espoir d’un véritable sursaut sanitaire se mêle encore à une profonde méfiance envers les institutions.
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