Agriculture durable : le semis direct révolutionne les champs d’Oujda-Angad
Oujda-Angad amorce une véritable révolution agricole. Face aux défis climatiques et à la hausse des coûts de production, la province mise sur le semis direct pour moderniser ses pratiques et booster la productivité des terres.
Cette technique innovante consiste à semer directement dans le sol sans labour, grâce à des semoirs spécifiques. Elle permet de préserver la structure du sol, de renforcer sa fertilité et de réduire les dépenses liées au carburant et au labour traditionnel. Pour encourager son adoption, 12 semoirs ont été mis à disposition de coopératives de services agricoles, majoritairement composées de jeunes.
Selon Mohammed Lafdili, directeur provincial de l’Agriculture à Oujda, « ces machines permettent de semer sans labourer, de conserver l’eau dans le sol, d’améliorer sa fertilité sur le moyen et long terme, de réduire les coûts de production et de limiter les émissions de CO₂ liées au labour traditionnel ».
L’initiative s’étend à l’ensemble des communes de la province. Les dernières pluies ont déjà permis de semer environ 600 hectares en semis direct, avec un objectif de 3 000 hectares pour la saison en cours. « Notre ambition est de cultiver plus de 4 500 hectares selon cette méthode d’ici 2030, ce qui illustre l’importance stratégique de ce projet pour la région. L’adhésion des agriculteurs progresse à mesure qu’ils constatent les résultats sur le terrain », souligne M. Lafdili.
Pour accompagner ce changement, le ministère de l’Agriculture organise des formations et journées pratiques. En partenariat avec l’Institut national de la recherche agronomique, la Chambre d’agriculture et l’Office national du conseil agricole, ces sessions expliquent le fonctionnement des machines et leur utilisation optimale. « Le travail avec cette technique a commencé il y a deux ans, et ses effets deviennent plus visibles à chaque saison », ajoute le directeur provincial.
Du côté des coopératives, Chafae Lkanani, présidente d’une coopérative de jeunes agriculteurs, souligne l’importance de l’implication des jeunes : « Avoir accès à la machine de semis direct est une réelle opportunité pour accompagner les agriculteurs et suivre l’évolution des pratiques. Les méthodes traditionnelles ne répondent plus aux besoins actuels, tandis que ces nouvelles techniques offrent des perspectives concrètes pour améliorer la production et la rentabilité. »
Les bénéfices sont déjà visibles sur le terrain. Abdelkader Mellouk, cultivateur dans la région de Ouled Abbas, explique : « Le semis direct simplifie le travail en combinant labour et semis en une seule opération, à un coût accessible. Avant, les méthodes classiques demandaient beaucoup d’efforts et coûtaient cher. Aujourd’hui, la technique est plus simple et à la portée de tous. » Il souligne également que cette méthode permet d’appliquer les engrais au moment du semis, contribuant à de meilleurs rendements.
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