Agrumes : le Maroc relance ses exportations d’oranges après deux saisons de reprise
La campagne 2024-2025 marque un changement de dynamique pour la filière des agrumes au Maroc. Après une saison 2022-2023 marquée par une chute historique des volumes exportés, les expéditions d’oranges enregistrent une deuxième année consécutive de rebond. Selon les données compilées par la plateforme spécialisée EastFruit, le Royaume a exporté 84 600 tonnes d’oranges entre novembre 2024 et octobre 2025, pour une valeur estimée à 61 millions de dollars.
Ce volume représente une progression de 38 % par rapport à la saison précédente et plus du double des expéditions réalisées lors de la campagne du creux. Une reprise qui confirme un retournement de tendance, même si les niveaux atteints restent inférieurs aux sommets enregistrés à la fin des années 2010.
Une production en amélioration, encore loin de ses records
La campagne agrumicole 2025-2026 s’inscrit dans un contexte de redressement prudent. De meilleures conditions climatiques et un cycle végétatif plus favorable ont permis une remontée progressive de la production nationale. Les rendements demeurent toutefois en deçà du pic historique de 2018-2019, tout en se situant légèrement au-dessus de la moyenne des cinq dernières années.
Dans ce paysage contrasté, les performances varient selon les segments. Les mandarines et les clémentines continuent de structurer l’essentiel des volumes exportés, tandis que l’orange retrouve progressivement des débouchés grâce à une stratégie plus ciblée et à une adaptation des pratiques culturales.
Maroc Late, levier central de la reprise
La variété Maroc Late a joué un rôle déterminant dans la remontée des expéditions. Récoltée au printemps, elle a permis au Maroc de se positionner sur une fenêtre commerciale plus favorable. Le pic des exportations a été atteint en mai, avec près de 15 700 tonnes expédiées en un seul mois.
Ce repositionnement variétal a contribué à améliorer la régularité de l’offre et à répondre plus efficacement à la demande sur certains marchés, notamment en période de moindre concurrence.
Une carte des marchés en pleine recomposition
L’autre enseignement majeur de la saison réside dans l’évolution des destinations. Le Canada s’impose désormais comme le premier marché des oranges marocaines, absorbant 22 % des volumes, en hausse de 65 % sur un an. Les États-Unis se maintiennent parmi les principaux débouchés, malgré un léger repli.
Plusieurs marchés affichent des progressions spectaculaires. Les importations du Royaume-Uni ont été multipliées par sept, celles de l’Arabie saoudite par cinq, tandis que l’Espagne a triplé ses achats. Le Portugal signe son retour, et des dynamiques positives sont observées en Russie, aux Pays-Bas, en France, en Mauritanie et au Sénégal.
Au total, 46 pays ont importé des oranges marocaines durant la campagne 2024-2025, confirmant une diversification progressive des débouchés et une moindre dépendance à quelques marchés traditionnels.
Soutien public et compétitivité retrouvée
Cette relance s’inscrit aussi dans un contexte de soutien public. Les mesures adoptées en 2024, notamment la subvention des exportations vers l’Europe, ont contribué à renforcer la compétitivité des oranges marocaines face à une concurrence accrue, en particulier sur certains créneaux saisonniers.
Ces dispositifs ont permis aux opérateurs d’amortir une partie des coûts logistiques et d’améliorer leur capacité à maintenir des positions commerciales sur des marchés exigeants.
Des fragilités toujours présentes
Malgré ces signaux encourageants, la filière reste exposée à des contraintes structurelles. La raréfaction des ressources en eau et la variabilité climatique continuent de peser sur les rendements et la planification des campagnes. Avec un record historique de 164 000 tonnes exportées en 2016-2017, les volumes actuels demeurent encore loin de leur potentiel.
Pour les professionnels, la reprise engagée ces deux dernières saisons constitue néanmoins une base de travail. Elle traduit la capacité d’adaptation du secteur et laisse entrevoir un redressement progressif, à condition de consolider les investissements productifs et la sécurisation hydrique.
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