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Ahmad el-Chareh promet justice et unité lors d’un anniversaire hautement symbolique
Un an après la chute de Bachar el-Assad, Damas a retrouvé des scènes de liesse que le pays n’avait plus connues depuis plus d’une décennie. Feux d’artifice, drapeaux et prières ont envahi les rues de la capitale comme celles d’autres villes syriennes, où des dizaines de milliers de personnes ont célébré le premier anniversaire d’un tournant politique historique. Dans ce climat de ferveur populaire, le président Ahmad el-Chareh a livré un discours très attendu, réaffirmant sa volonté d’ériger la justice et la coexistence en fondements de la nouvelle Syrie.
S’adressant à un auditoire d’officiels réunis au centre des congrès, le chef de l’État a qualifié cette date d’« aube de la liberté », annonçant la fin définitive de « l’ère du despotisme et de la tyrannie ». Il a insisté sur le recours à la justice transitionnelle pour répondre aux violations commises durant les années de guerre et de répression, un message perçu comme un engagement à rompre avec les pratiques de l’ancien régime. Dans un pays meurtri par quatorze années de conflit et des violences intercommunautaires persistantes, particulièrement dans les régions druzes et alaouites, cette promesse résonne avec les attentes d’une population encore endeuillée.
Car si la sécurité s’est améliorée — une réalité que de nombreux habitants qualifient presque de « miracle » — les défis demeurent immenses. Les coupures d’électricité et la crise économique rappellent l’ampleur du chantier de reconstruction, tandis que des dizaines de milliers de disparus restent au cœur des revendications des familles. Les organisations internationales soulignent également que la transition, bien que saluée, est fragilisée par de nouvelles tensions communautaires et par la méfiance persistante entre acteurs locaux.
Sur la scène diplomatique, Ahmad el-Chareh s’est imposé avec une rapidité inattendue. L’ancien chef rebelle, qui a renoncé à son passé jihadiste, a multiplié les visites officielles et a été reçu avec chaleur dans plusieurs capitales, dont Washington. Sa présence aux côtés du président américain Donald Trump en novembre dernier a symbolisé le repositionnement d’un pays longtemps isolé.
Mais les célébrations n’ont pas été unanimes. Un appel au boycott lancé par un dignitaire alaouite a été suivi dans certaines villes côtières, témoignant d’une fracture encore vive. De son côté, l’administration kurde du nord-est a interdit les rassemblements, évoquant des raisons sécuritaires et soulignant l’impasse des négociations engagées plus tôt dans l’année.
Malgré ces tensions, les autorités syriennes veulent croire en un nouveau départ. En uniforme militaire, comme lors de son entrée à Damas en 2024, Ahmad el-Chareh a salué « les sacrifices des combattants » avant d’assister à un défilé aérien. Une mise en scène qui vise à renforcer l’image d’un pouvoir en contrôle, mais aussi d’un pays qui tente de se relever.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a rappelé que cette date symbolique devait servir à « panser des divisions profondes ». Une ambition à la hauteur d’un pays où la guerre a fait plus de 500 000 morts et déplacé près de la moitié de la population, et dont la reconstruction pourrait coûter plus de 200 milliards de dollars selon la Banque mondiale.
L’anniversaire marque ainsi un jalon important, sans effacer les interrogations. Entre attentes populaires, tensions communautaires et pressions internationales, la « nouvelle Syrie » d’Ahmad el-Chareh s’avance sur une ligne étroite, où chaque geste compte pour restaurer la confiance et préserver une paix encore fragile.