Albanie : Edi Rama dénonce les violences lors des manifestations antigouvernementales
Les manifestations antigouvernementales se poursuivent en Albanie, où les tensions se sont accentuées ces derniers jours. Le Premier ministre Edi Rama a condamné les violences commises en marge des rassemblements et appelé les manifestants à se désolidariser des fauteurs de troubles. De son côté, la Commission européenne a rappelé que toute réponse aux violences devait rester légale et proportionnée.
Depuis plusieurs mois, les protestations se multiplient dans le pays, avec des appels à la démission du chef du gouvernement. Les tensions se sont intensifiées au début de la semaine dernière, notamment après le lancement de nouveaux rassemblements par un mouvement étudiant réclamant des mesures contre le niveau élevé des frais de scolarité.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux lundi, Edi Rama a affirmé que le droit de manifester ne justifiait pas le recours à la violence. Il a averti que les auteurs de dégradations devraient assumer les conséquences juridiques et financières de leurs actes, tout en exhortant les participants à prendre leurs distances avec les personnes impliquées dans les affrontements.
Le Premier ministre a également affirmé que son gouvernement restait ouvert au dialogue avec les différentes parties, à l’exception des casseurs et des formations politiques qui, selon lui, ne condamnent pas clairement les violences.
Des affrontements avec les forces de l’ordre
Ces derniers jours, les rassemblements ont été marqués par des heurts entre manifestants et policiers. Des bâtiments ont été incendiés, des cocktails Molotov lancés et des feux d’artifice dirigés vers les forces de l’ordre. La police a répliqué à l’aide de balles en caoutchouc, de canons à eau et de gaz lacrymogènes.
Des centaines de personnes, parmi lesquelles des policiers, auraient été blessées au cours de ces affrontements.
Malgré les violences, les manifestants maintiennent leur exigence d’un départ d’Edi Rama. Leka Sina, une étudiante de 22 ans, a déclaré à l’AFP que le mouvement entendait se poursuivre jusqu’à la démission du Premier ministre. Elle a également défendu la volonté des protestataires d’obtenir de meilleures conditions de vie et davantage de paix sociale, tout en estimant que le gouvernement devait réfléchir aux causes de cette mobilisation.
Edi Rama a, pour sa part, évoqué l’existence d’influences étrangères derrière les troubles.
Bruxelles appelle au dialogue et à la proportionnalité
La Commission européenne a condamné dimanche les violences survenues en Albanie, soulignant qu’elles n’avaient pas leur place dans une société démocratique. Elle a également insisté sur la nécessité d’une réponse conforme à la loi et proportionnée.
L’institution européenne a rappelé que la liberté de réunion et d’expression constituait un droit fondamental et une valeur essentielle de l’Union européenne, qui devait être exercée de manière pacifique.
Bruxelles a enfin appelé à privilégier le dialogue pour répondre aux revendications, rappelant que l’Albanie est un pays candidat à l’adhésion à l’Union européenne et qu’elle poursuit son processus de rapprochement avec le bloc.
Alors que les manifestations se poursuivent, les appels au dialogue se heurtent ainsi à une situation marquée par des tensions politiques, des revendications étudiantes et des affrontements avec les forces de l’ordre.
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