Alimentation animale : les importations marocaines en provenance de Russie atteignent un record historique
Le Maroc renforce progressivement ses approvisionnements en aliments destinés au bétail en provenance de la Russie. Au cours des cinq premiers mois de l’année 2026, les importations marocaines de produits destinés à l’alimentation animale ont atteint un niveau inédit, témoignant d’un rapprochement commercial croissant entre les deux pays dans le secteur agricole.
Selon les données communiquées par Agroexport, organisme relevant du ministère russe de l’Agriculture, les expéditions vers le Royaume ont totalisé près de 87.000 tonnes entre janvier et le 24 mai 2026. Ce volume constitue un record pour cette période de l’année et traduit une progression significative de la demande marocaine.
Les produits exportés comprennent principalement des tourteaux et des aliments composés à base de tournesol, de colza, de soja et de graines de lin. D’après les statistiques russes, les livraisons ont augmenté de 27 % par rapport à la même période de l’année précédente.
L’un des faits marquants de cette dynamique concerne l’envoi de la première cargaison de soja russe vers le Maroc. Ce chargement, estimé à 6.000 tonnes, représente l’un des volumes les plus importants exportés par la Russie vers un marché étranger, juste derrière les livraisons destinées à la Turquie.
Dans le détail, les importations marocaines de tourteaux de tournesol ont progressé d’environ 60 % sur un an. La demande en soja russe a, quant à elle, connu une croissance spectaculaire, étant multipliée par cinq par rapport à la période précédente.
La Russie considère désormais le Maroc comme l’un de ses principaux marchés pour les produits agricoles destinés à l’alimentation animale. Le Royaume rejoint ainsi la Chine et la Turquie parmi les débouchés les plus importants pour cette catégorie de produits. Cette évolution intervient dans un contexte marqué par les nouvelles barrières douanières appliquées par certains pays européens, poussant les exportateurs russes à diversifier leurs marchés.
Les spécialistes du secteur estiment que cette hausse des importations est étroitement liée à l’évolution des filières de l’élevage au Maroc. L’augmentation de la production de lait et de viande nécessite en effet des quantités plus importantes d’aliments pour animaux afin de soutenir les performances des exploitations agricoles.
Cette tendance s’inscrit également dans le cadre des efforts engagés pour reconstituer le cheptel national après plusieurs années marquées par des difficultés liées aux conditions climatiques et à la hausse des coûts de production. Les autorités ont multiplié les mesures destinées à soutenir les éleveurs, notamment à travers l’importation de bovins et l’accompagnement des filières d’élevage.
Par ailleurs, les prévisions du département américain de l’Agriculture (USDA) laissent entrevoir une poursuite de cette dynamique. Les importations marocaines d’aliments pour animaux pourraient dépasser 1,5 million de tonnes durant la campagne 2026-2027, soit une progression estimée à 18 % par rapport à la campagne précédente.
Pour les exportateurs russes, cette évolution représente une opportunité stratégique pour renforcer leur présence en Afrique du Nord et concurrencer davantage les fournisseurs historiques du marché marocain, notamment ceux issus de l’Ukraine, du Canada et de l’Union européenne.
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