Allemagne : la dépendance aux importations stratégiques chinoises atteint un niveau préoccupant
L’Allemagne voit sa dépendance économique envers la Chine se renforcer dans plusieurs secteurs industriels jugés stratégiques. Une étude récente de la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté met en évidence une progression continue des importations chinoises de produits essentiels tels que les batteries, les panneaux solaires, les antibiotiques et certaines matières premières critiques.
Réalisée à partir de données de l’Office fédéral de la statistique, l’analyse montre notamment que près des deux tiers des batteries lithium-ion importées directement par l’Allemagne en 2025 proviennent désormais de Chine. Cette proportion était nettement inférieure deux ans auparavant, traduisant une accélération de la dépendance allemande dans le secteur des technologies énergétiques.
Le même phénomène est observé pour les panneaux solaires, dont la part des importations chinoises dépasse désormais les 90 %. Les antibiotiques suivent également cette tendance, avec une présence chinoise devenue dominante dans les approvisionnements allemands.
L’étude souligne aussi l’importance croissante de la Chine dans la fourniture de métaux critiques et de terres rares indispensables aux industries technologiques et à la transition énergétique. Des matériaux comme le magnésium, le gallium ou le germanium figurent parmi les ressources dont les importations en provenance de Chine progressent fortement.
Plus préoccupant encore pour les auteurs du rapport, certains éléments stratégiques utilisés dans la fabrication des moteurs électriques — notamment le praséodyme, le néodyme ou le samarium — proviennent presque exclusivement du marché chinois.
Selon les données étudiées, les volumes importés de ces terres rares ont fortement augmenté au cours des dernières années, illustrant le rôle central pris par Pékin dans les chaînes industrielles allemandes.
Cette situation alimente les inquiétudes d’une partie des experts économiques allemands, qui redoutent une vulnérabilité accrue de l’industrie nationale face aux tensions géopolitiques et aux risques de perturbation des chaînes d’approvisionnement.
L’auteur de l’étude, Frédéric Spohr, estime que l’Allemagne devient progressivement plus exposée dans des secteurs industriels considérés comme critiques pour sa compétitivité future.
La publication de cette étude intervient alors que la ministre fédérale allemande de l’Économie, Katherina Reiche, doit effectuer une visite officielle en Chine afin d’échanger avec les autorités chinoises sur les perspectives de coopération économique et industrielle.
Cette visite intervient dans un contexte où plusieurs pays européens cherchent à trouver un équilibre entre maintien des relations commerciales avec Pékin et réduction des dépendances stratégiques dans les secteurs sensibles.
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