Aluminium : les tensions au Moyen-Orient font bondir les prix mondiaux
Les tensions persistantes au Moyen-Orient continuent de peser sur les marchés mondiaux, avec des répercussions directes sur le prix de l’aluminium. La fermeture partielle du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport énergétique, a entraîné une hausse significative des coûts des matières premières. Pour tenter de stabiliser les marchés, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a annoncé la libération de 400 millions de barils de pétrole provenant de ses réserves stratégiques.
Au Bahreïn, la société publique Aluminum Bahrain BSC (Alba) a décidé de fermer progressivement trois lignes de production, représentant près de 19 % de sa capacité annuelle d’1,6 million de tonnes. Cette mesure vise à sécuriser les matières premières face aux difficultés d’exportation de l’aluminium fini et d’importation de l’alumine, essentielles à la production. Depuis le début du mois, Alba a également suspendu temporairement ses ventes à certains clients, soulignant l’impact direct des perturbations dans le détroit d’Ormuz.
Le Moyen-Orient contribue à environ 9 % de la production mondiale d’aluminium, ce qui rend chaque interruption particulièrement sensible pour l’équilibre du marché. Sur le London Metal Exchange (LME), le prix de l’aluminium a atteint 3 439,50 dollars la tonne le 16 mars 2026, après avoir frôlé 3 449,50 dollars, son plus haut niveau depuis avril 2022, soit une hausse d’environ 15 % depuis le début de l’année.
Au Qatar, la production d’aluminium a également subi des interruptions, en raison d’une pénurie de gaz naturel. D’autres producteurs majeurs, comme Emirates Global Aluminium, envisagent de mobiliser des stocks provenant de différentes régions pour répondre aux commandes, témoignant de l’inquiétude croissante sur l’approvisionnement mondial.
Pour pallier les perturbations sur le marché de l’énergie, l’AIE est intervenue en libérant des réserves stratégiques pour la sixième fois depuis sa création en 1974. Ces interventions précédentes avaient eu lieu en 1991, 2005, 2011 et deux fois en 2022, illustrant la gravité de la situation actuelle.
Au Maroc, cette flambée des prix pourrait se traduire par un renchérissement des coûts de l’énergie et des matières premières industrielles. En 2024, le Royaume a importé pour 1,59 milliard de dollars d’aluminium et de produits dérivés, selon Trading Economics. La hausse récente des prix du gasoil et de l’essence, enregistrée le 16 mars 2026, risque d’accentuer la pression sur les coûts de production et sur le pouvoir d’achat des ménages marocains.
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