Amina Bouayach défend à New York une gouvernance migratoire fondée sur la participation des migrants
La question migratoire ne peut plus être pensée sans intégrer directement la voix des personnes concernées. C’est le message porté par Amina Bouayach lors d’une intervention à New York, en marge du deuxième Forum d’examen des migrations internationales organisé sous l’égide des Nations Unies.
La présidente du Conseil national des droits de l’Homme a insisté sur la nécessité d’associer les migrants aux politiques publiques et aux mécanismes institutionnels qui déterminent leur parcours, leurs droits et leurs conditions de vie.
Devant des représentants d’États, d’organisations internationales et d’experts des politiques migratoires, Amina Bouayach a défendu une approche basée sur l’inclusion et la participation active des migrants dans les processus de décision. Selon elle, une gouvernance migratoire crédible et respectueuse des droits humains ne peut être construite sans cette implication directe.
S’exprimant également en sa qualité de présidente de Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’Homme, elle a mis en avant le rôle des institutions nationales des droits de l’Homme dans l’accompagnement des populations migrantes sur le terrain.
Elle a rappelé que ces institutions interviennent notamment à travers des visites dans les zones frontalières et les centres de rétention, mais aussi grâce à des dispositifs d’information multilingues destinés à faciliter l’accès des migrants à leurs droits fondamentaux.
Au-delà du suivi institutionnel, la responsable marocaine a souligné l’importance des partenariats établis avec les associations de terrain et les organisations représentant les migrants. Cette coopération permet, selon elle, de créer des espaces de dialogue et de confiance capables de renforcer les mécanismes de recours, d’assistance et de réparation.
Durant son intervention, Amina Bouayach a également évoqué plusieurs expériences internationales illustrant l’évolution des politiques migratoires vers des modèles plus participatifs.
Le Maroc a notamment été cité comme exemple à travers les opérations de régularisation menées ces dernières années. Elle a expliqué que cette démarche reposait sur une approche multipartite impliquant institutions publiques, acteurs associatifs et migrants eux-mêmes dans les mécanismes de suivi et de recours.
La période de la pandémie de COVID-19 a aussi servi d’illustration. Selon la présidente du CNDH, des campagnes de sensibilisation destinées aux communautés migrantes avaient alors été mises en place via des contenus vidéo diffusés dans plusieurs langues et dialectes africains afin d’améliorer l’accès à l’information sanitaire et aux mesures de prévention.
Amina Bouayach a par ailleurs rappelé que les institutions nationales des droits de l’Homme jouent aujourd’hui un rôle grandissant dans plusieurs régions du monde, qu’il s’agisse de l’Afrique, de l’Europe, des États-Unis ou encore de la zone Asie-Pacifique.
Ces structures participent notamment à la surveillance des violations des droits humains aux frontières, à la documentation des retours forcés ainsi qu’à la lutte contre la traite des êtres humains et l’exploitation des travailleurs migrants.
La rencontre a réuni plusieurs acteurs internationaux engagés dans les questions migratoires, parmi lesquels le rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des migrants, des défenseurs des droits humains ainsi que des représentants d’organisations non gouvernementales internationales.
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