Asilah confrontée à un désert sanitaire dans la prise en charge des addictions
La ville d’Asilah fait face à un véritable vide sanitaire dans la prise en charge des addictions, selon des rapports récents relayés par des associations locales spécialisées. L’absence totale d’infrastructures dédiées au traitement des dépendances crée une forme de marginalisation sanitaire, portant atteinte au droit fondamental à l’accès aux soins pour cette population vulnérable.
Ces constats ont été formulés par l’Association Hassnouna de Tanger, qui accompagne les personnes dépendantes aux drogues. L’organisation souligne les limites de son action, principalement menée via une unité mobile, qui se concentre sur la réduction des risques : distribution de matériel de prévention et accompagnement de première ligne. Ces initiatives, bien qu’essentielles, ne peuvent remplacer une prise en charge thérapeutique institutionnelle, ni exonérer les autorités publiques de leurs responsabilités légales et éthiques.
L’association insiste particulièrement sur l’absence de traitements par agonistes opioïdes, tels que la méthadone, qui contribue à aggraver la précarité sanitaire et sociale des usagers. Cette carence ferme toute perspective réelle de rétablissement et d’insertion pour les personnes concernées. Les risques de propagation de maladies transmissibles par le sang, comme le VIH ou les hépatites virales, s’en trouvent également accrus. L’association rappelle que le droit aux soins constitue un droit constitutionnel qui ne devrait souffrir d’aucune discrimination géographique.
Au niveau institutionnel, les rapports dénoncent le manque de réaction face aux pétitions et revendications formulées depuis plusieurs années par des centaines d’usagers et de leurs familles. Ces démarches restent souvent sans réponse, traduisant, selon l’association, une volonté politique insuffisante pour aborder les addictions sous un angle à la fois sanitaire et respectueux des droits humains.
Face à cette situation, l’Association Hassnouna appelle à dépasser une simple gestion de crise et à mettre en œuvre des solutions structurelles et durables. Elle préconise le rapprochement des services de traitement des addictions avec ceux de la psychiatrie, que ce soit par la création d’une antenne d’un centre spécialisé ou par la mise en place d’unités mobiles capables de dispenser un traitement par agonistes opioïdes sous supervision médicale.
S’appuyant sur des données scientifiques et des conventions internationales, l’association rappelle que les approches thérapeutiques sont efficaces, tant pour réduire la criminalité et les rechutes que pour favoriser l’intégration sociale et professionnelle. Elle appelle ainsi à abandonner les stratégies purement répressives et à adopter une politique publique axée sur la santé et le respect des droits humains, soulignant que l’accès aux soins ne doit en aucun cas dépendre du lieu de résidence.
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