Aziz Baqbou, une voix de la tradition gnaouie s’éteint au Maroc
Le monde de la culture marocaine est en deuil. Aziz Baqbou, maâlem reconnu de la scène gnaouie, est décédé lundi après plusieurs années consacrées à la pratique et à la transmission d’un patrimoine musical profondément ancré dans l’histoire culturelle du Maroc.
Sa disparition marque une nouvelle étape douloureuse pour une famille dont plusieurs générations ont contribué à faire vivre cette tradition.
Une histoire familiale intimement liée au gnaoui
Aziz Baqbou appartenait à une lignée de musiciens gnaouis pour lesquels la pratique musicale se transmet avant tout par l’apprentissage et la filiation.
Son père, El Ayachi Baqbou, lui avait transmis les fondements de cet art traditionnel, ainsi que les codes qui accompagnent son interprétation. Aziz avait ensuite poursuivi cette trajectoire aux côtés de son frère, le maâlem Mustapha Baqbou, disparu en septembre de l’année précédente.
La disparition successive des deux frères constitue ainsi une perte importante pour cette famille emblématique de la tradition gnaouie.
Des scènes marocaines aux grands rendez-vous culturels
Au fil de sa carrière, Aziz Baqbou s’est produit dans de nombreuses villes du royaume. Festivals, manifestations culturelles et soirées artistiques ont constitué autant d’occasions pour lui de faire découvrir ou redécouvrir les sonorités et les expressions propres à l’art gnaoui.
À travers ces rendez-vous, le maâlem avait contribué à maintenir cette tradition dans l’espace culturel contemporain, tout en restant attaché à ses racines.
Son parcours s’inscrit dans celui d’une génération d’artistes qui ont participé à faire sortir la musique gnaouie des espaces traditionnels pour l’installer durablement sur les scènes culturelles marocaines.
La transmission au cœur de son parcours
Au-delà des représentations, l’héritage d’Aziz Baqbou réside également dans son rôle de passeur.
L’art gnaoui repose sur une transmission qui associe musique, rythmes, chants et pratiques héritées de générations successives. La préservation de cet héritage dépend donc largement de la capacité des maâlems à transmettre leurs connaissances et leur savoir-faire.
Aziz Baqbou aura participé à cette continuité, aux côtés de nombreux artistes gnaouis engagés dans la sauvegarde de ce patrimoine.
Une disparition qui résonne dans le monde culturel
La disparition du maâlem intervient alors que l’art gnaoui occupe une place de plus en plus importante dans le paysage culturel marocain et dans le rayonnement international du patrimoine musical du royaume.
Son parcours rappelle le rôle essentiel joué par les grandes familles de maâlems dans la conservation et la transmission de cette tradition.
Avec la disparition d’Aziz Baqbou, c’est donc une figure issue d’une longue chaîne de transmission musicale qui s’éteint, laissant derrière elle un héritage inscrit dans la mémoire de nombreuses scènes culturelles marocaines.
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