Bank Al-Maghrib confirme la solidité des banques marocaines face aux chocs macroéconomiques
Le secteur bancaire marocain dispose d'une assise financière suffisante pour faire face à des chocs économiques d'ampleur variable. C'est l'un des principaux enseignements du Rapport sur la stabilité financière 2025, publié conjointement par Bank Al-Maghrib (BAM), l'Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l'Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS).
L'exercice de simulation réalisé sur les huit principales banques du Royaume conclut que, même confrontés à des scénarios économiques particulièrement dégradés, les établissements bancaires conserveraient, dans leur ensemble, des niveaux de fonds propres supérieurs aux exigences réglementaires.
Trois scénarios pour mesurer la solidité du secteur bancaire
Afin d'évaluer la capacité de résistance du système bancaire, Bank Al-Maghrib a conduit un nouvel exercice de macro-stress test fondé sur les données arrêtées à fin 2025.
L'analyse repose sur trois scénarios distincts.
Le premier, considéré comme le scénario de référence, s'appuie sur les prévisions macroéconomiques publiées en juin 2026. Il table sur une poursuite de la croissance économique grâce à des conditions climatiques favorables et à la bonne dynamique des activités non agricoles.
Le deuxième scénario envisage une dégradation significative de la conjoncture internationale, notamment sous l'effet d'une aggravation du conflit au Moyen-Orient. Cette hypothèse intégrerait des perturbations des chaînes d'approvisionnement, une hausse des prix des matières premières, une inflation plus forte et un ralentissement de l'économie mondiale et nationale.
Enfin, le scénario extrême simule une récession profonde comparable à celle observée durant la crise sanitaire, aggravée en 2027 par un épisode de sécheresse sévère affectant fortement la production agricole.
Des fonds propres qui restent solides
Dans le scénario central, les banques marocaines conserveraient une situation financière confortable.
Le taux moyen des créances en souffrance resterait proche de 9,8 % entre 2025 et 2027, tandis que la progression des revenus liés aux marges d'intérêt et aux commissions continuerait de soutenir les résultats des établissements.
À l'horizon 2027, le ratio moyen de solvabilité atteindrait 15,2 %, alors que le ratio moyen des fonds propres de base s'établirait à 11,8 %, confirmant la solidité des principaux établissements bancaires.
Une pression accrue dans un scénario économique dégradé
Dans l'hypothèse d'une conjoncture plus difficile, les capacités de remboursement des ménages et des entreprises seraient davantage mises à l'épreuve.
Le taux moyen des créances en souffrance progresserait ainsi de 9,1 % en 2025 à 11,1 % en 2027, contraignant les banques à renforcer leurs provisions pour couvrir les risques de crédit.
Cette évolution pèserait également sur leurs niveaux de fonds propres, avec un recul du ratio moyen de solvabilité de près de 141 points de base sur la période étudiée.
Même en cas de crise majeure, les exigences réglementaires seraient respectées
Le scénario le plus sévère prévoit un arrêt brutal de l'activité économique en 2026, suivi d'une sécheresse importante l'année suivante.
Dans cette configuration, le taux des créances en souffrance atteindrait 11,5 % dès 2026, avant de grimper à 12,8 % en 2027. La rentabilité des banques serait fortement affectée par l'augmentation du coût du risque ainsi que par la baisse des revenus issus des marges d'intérêt et des commissions.
Malgré cette dégradation, les établissements bancaires conserveraient un ratio moyen de solvabilité de 13,6 % et un ratio moyen de fonds propres de base de 10,3 % à l'horizon 2027.
Selon le rapport, ces niveaux resteraient supérieurs aux seuils prudentiels en vigueur, confirmant la capacité du système bancaire marocain à absorber des chocs macroéconomiques importants tout en préservant sa stabilité.
Une résilience confirmée
Les conclusions du rapport mettent en évidence la robustesse du secteur bancaire marocain face à différents scénarios de risque. Elles traduisent également les effets des dispositifs prudentiels mis en place ces dernières années pour renforcer la stabilité financière du Royaume.
Dans un contexte international marqué par les incertitudes géopolitiques, les tensions inflationnistes et les aléas climatiques, ces résultats confirment la capacité des principales banques marocaines à maintenir des niveaux de capitalisation conformes aux exigences réglementaires et à soutenir le financement de l'économie.
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