Banque mondiale : Michael Kremer nommé économiste en chef pour le développement
Le Groupe de la Banque mondiale a annoncé la nomination de l’économiste américain Michael Kremer au poste d’économiste en chef et de vice-président senior chargé de l’économie du développement. Lauréat du prix Nobel d’économie 2019, le professeur de l’Université de Chicago prendra officiellement ses fonctions le 1er octobre 2026, succédant à Indermit Gill.
Cette nomination intervient à un moment où les économies en développement font face à une accumulation de contraintes, entre niveaux d’endettement élevés, marges budgétaires réduites et nécessité de financer de nouveaux besoins sociaux et économiques.
Un économiste spécialisé dans les politiques fondées sur les résultats
Michael Kremer s’est notamment fait connaître par ses travaux consacrés à l’évaluation concrète des politiques publiques. Avec Esther Duflo et Abhijit Banerjee, il a reçu le prix Nobel d’économie en 2019 pour une approche visant à mieux comprendre les mécanismes de lutte contre la pauvreté à partir d’expérimentations menées sur le terrain.
Son travail repose notamment sur les essais contrôlés randomisés, qui permettent de comparer différentes interventions avant d’envisager leur déploiement à plus grande échelle. Cette méthode a été appliquée à des domaines aussi variés que l’éducation, la santé ou encore l’agriculture.
La Banque mondiale souligne que les recherches de Kremer ont contribué à inspirer des programmes bénéficiant à des centaines de millions de personnes, notamment dans l’accès aux vaccins, la santé scolaire et le soutien aux petits exploitants agricoles.
Une nouvelle mission dans un contexte de fortes pressions
En rejoignant la Banque mondiale, Michael Kremer devra notamment contribuer à la réflexion sur les politiques de développement dans un environnement économique particulièrement contraint.
Le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, a souligné l’importance de trouver des solutions permettant notamment de répondre aux besoins d’une nouvelle génération de travailleurs. Selon lui, plus de 1,2 milliard de jeunes atteindront l’âge de travailler au cours de la prochaine décennie, faisant de la création d’emplois l’un des enjeux majeurs du développement.
Pour Kremer, plusieurs défis se trouvent au cœur de cette équation : créer des emplois à grande échelle, attirer les capitaux privés nécessaires au financement du développement et améliorer l’accès aux services essentiels, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation.
L’innovation technologique comme levier de croissance
Le nouvel économiste en chef entend également porter son attention sur les possibilités offertes par les nouvelles technologies.
Données, recherche et évaluation scientifique doivent, selon lui, aider les gouvernements et les entreprises à mieux identifier les politiques et les investissements susceptibles de produire des résultats. Cette approche vise à rapprocher davantage la recherche économique des décisions opérationnelles et des réalités rencontrées sur le terrain.
Kremer estime par ailleurs que la Banque mondiale dispose d’un double atout : sa capacité à concevoir et tester des solutions ainsi que son réseau opérationnel, qui peut permettre leur déploiement à grande échelle.
Des expériences déjà transposées sur le terrain
Le parcours de Michael Kremer est marqué par plusieurs travaux ayant débouché sur des programmes de développement concrets. Les recherches menées sur les programmes de déparasitage en milieu scolaire ont notamment contribué à leur expansion dans plusieurs pays d’Afrique et d’Asie, avec environ deux milliards de traitements administrés selon les informations communiquées.
Ses travaux ont également porté sur les mécanismes permettant de financer et d’élargir l’accès aux vaccins, notamment contre la pneumonie.
Cette expérience de la recherche appliquée constitue un élément central de son profil alors qu’il s’apprête à rejoindre une institution dont l’une des missions consiste précisément à transformer l’analyse économique en programmes de développement.
Une succession dans un contexte économique délicat
Michael Kremer succédera à Indermit Gill à la tête de l’équipe chargée de l’économie du développement au sein du Groupe de la Banque mondiale.
Son arrivée intervient alors que les pays en développement doivent composer avec des ressources publiques limitées, des besoins importants en infrastructures et services sociaux et une pression accrue pour stimuler la croissance et l’emploi.
À partir du 1er octobre, sa nouvelle fonction le placera ainsi au cœur des réflexions de la Banque mondiale sur les moyens de transformer les données et les résultats de la recherche en politiques susceptibles d’être déployées à grande échelle.
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