Banques africaines : trois groupes marocains dans le Top 10 du classement 2026
Le secteur bancaire marocain consolide sa position parmi les principales puissances financières du continent. Selon le classement 2026 publié par African Business, trois groupes du Royaume figurent parmi les dix premières banques africaines en matière de fonds propres de base, tandis que neuf établissements marocains apparaissent dans le Top 100. Une performance qui illustre un modèle fondé sur la concentration des ressources et le développement à l’international.
Au total, les neuf banques marocaines recensées cumulent 23,3 milliards de dollars de fonds propres Tier 1, contre 20,3 milliards lors de l’édition précédente, soit une progression d’environ 15 %.
Attijariwafa bank consolide sa troisième place
Attijariwafa bank conserve la troisième position du classement continental, avec des fonds propres Tier 1 évalués à 7,68 milliards de dollars, contre 6,25 milliards un an auparavant. Seuls les grands groupes bancaires sud-africains le devancent.
Cette performance s’appuie notamment sur une présence internationale étendue. Le groupe est implanté dans 27 pays, ce qui lui permet de diversifier ses activités au-delà du marché marocain et de renforcer son exposition à plusieurs économies africaines.
Cette dimension internationale constitue un axe important de son développement, en lui donnant accès à des marchés variés et à des besoins de financement qui dépassent les frontières nationales.
La Banque Centrale Populaire maintient son rang
La Banque Centrale Populaire (BCP) conserve la sixième place du classement. Sa stabilité témoigne du poids d’un groupe dont le développement africain repose notamment sur des participations et des filiales en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.
Son activité couvre plusieurs segments, de la banque de détail au financement des entreprises, en passant par les échanges transfrontaliers. Cette diversification lui permet de s’inscrire dans des circuits économiques régionaux et d’accompagner différents profils de clientèle.
Bank of Africa entre dans le Top 10
La progression la plus marquante revient à Bank of Africa. Le groupe gagne deux places et atteint le neuvième rang africain, avec 3,84 milliards de dollars de fonds propres Tier 1.
Cette avancée confirme son rôle parmi les principaux acteurs bancaires marocains à l’échelle continentale. Son développement international, particulièrement en Afrique subsaharienne, constitue l’un des piliers de sa stratégie.
Avec Attijariwafa bank et la Banque Centrale Populaire, Bank of Africa porte ainsi à trois le nombre de groupes marocains présents dans le Top 10 africain.
Un modèle marocain fondé sur la concentration
Le classement met en évidence une particularité du système bancaire marocain : sa présence dans le haut du tableau repose sur un nombre relativement limité de grands groupes. L’Égypte compte davantage de banques dans le Top 100, mais les établissements marocains se distinguent par leur positionnement dans les premières places.
Cette concentration peut constituer un avantage dans un secteur où la solidité des fonds propres joue un rôle déterminant. Des ressources financières plus importantes renforcent la capacité des banques à accompagner les entreprises, à soutenir des investissements de grande ampleur et à développer leurs activités à l’étranger.
La progression des fonds propres Tier 1 représente ainsi un indicateur important de la capacité financière des groupes, même si elle ne suffit pas, à elle seule, à mesurer leur rentabilité ou la qualité de leurs portefeuilles.
L’Afrique, moteur de l’expansion des banques marocaines
La croissance hors du Royaume occupe une place centrale dans la trajectoire des trois groupes. Leur implantation, notamment dans les marchés francophones d’Afrique de l’Ouest et centrale, leur permet de diversifier leurs revenus et de répondre à des besoins croissants de financement.
Entreprises, infrastructures et commerce intra-africain figurent parmi les activités qui alimentent la demande de services bancaires dans ces régions. Les groupes marocains peuvent également accompagner les entreprises nationales dans leur développement régional, tout en nouant des relations avec les opérateurs économiques locaux.
Cette présence constitue un atout stratégique, à condition de maintenir la solidité des filiales et de s’adapter aux particularités des différents marchés.
Une concurrence continentale de plus en plus forte
La position des banques marocaines s’inscrit dans un environnement concurrentiel marqué par le poids des groupes sud-africains, la progression des établissements égyptiens et la montée en puissance des acteurs nigérians.
Pour préserver leur avance, les banques du Royaume devront poursuivre le renforcement de leurs fonds propres, améliorer la rentabilité de leurs filiales africaines et répondre aux transformations des usages bancaires. Les paiements, les services numériques et le financement des entreprises figurent parmi les domaines où leur capacité d’adaptation sera déterminante.
Le classement 2026 d’African Business confirme ainsi la place des grands groupes marocains dans la hiérarchie bancaire africaine. Leur prochain défi sera de convertir cette puissance financière en croissance durable, tout en consolidant leur présence sur des marchés où la concurrence s’intensifie.
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