Banques marocaines : activité, rentabilité et inclusion financière en hausse selon Bank Al-Maghrib
Le secteur bancaire marocain a poursuivi sa dynamique de croissance en 2025. C'est le principal enseignement du Rapport annuel sur la supervision bancaire publié par Bank Al-Maghrib, qui met en avant une progression de l'activité, une amélioration de la rentabilité des établissements de crédit et le maintien d'indicateurs prudentiels solides. Malgré un contexte économique toujours marqué par des incertitudes, les banques ont renforcé leur capacité de financement de l'économie tout en conservant des niveaux de solvabilité et de liquidité supérieurs aux exigences réglementaires.
Un paysage bancaire en évolution, porté par la digitalisation
En 2025, le nombre d'établissements de crédit et organismes assimilés placés sous la supervision de Bank Al-Maghrib est passé de 92 à 95. Cette progression résulte notamment de l'arrivée de nouveaux établissements de paiement et d'une société de financement, illustrant la transformation continue du secteur.
Les banques demeurent les principaux acteurs du système financier, concentrant plus de 82 % des actifs du secteur. Si la structure du marché reste relativement stable, la digitalisation poursuit son impact sur les réseaux physiques. Le nombre d'agences bancaires a de nouveau diminué, tandis que le parc des guichets automatiques et surtout le réseau des établissements de paiement ont continué de se développer.
Cette mutation traduit une évolution des usages bancaires, de plus en plus orientés vers les services numériques et les solutions de paiement dématérialisées.
Une présence africaine qui reste un levier stratégique
Les groupes bancaires marocains poursuivent leur développement international avec un réseau couvrant près de 30 pays. L'Afrique demeure leur principal terrain d'expansion, où sont implantées plus de neuf agences sur dix de leur réseau international.
Cette présence confirme la place des banques marocaines parmi les principaux acteurs financiers du continent, tout en diversifiant leurs sources de revenus grâce aux activités réalisées hors du Royaume.
L'inclusion financière franchit un nouveau cap
Le rapport met également en lumière les progrès réalisés en matière d'inclusion financière. Le nombre de comptes bancaires a atteint près de 40 millions à fin 2025, permettant au taux de détention d'un compte bancaire de progresser à 62 % de la population adulte résidente.
Les comptes de paiement enregistrent une croissance particulièrement soutenue, largement favorisée par les dispositifs d'aides publiques distribués via des solutions financières numériques. Cette évolution témoigne d'une adoption croissante des services financiers par une population auparavant moins bancarisée.
Des crédits en hausse pour accompagner l'économie
L'activité bancaire a poursuivi son accélération durant l'exercice 2025. Le total du bilan des banques dépasse désormais les 2 000 milliards de dirhams, soit un niveau représentant près de 119 % du produit intérieur brut.
Les crédits distribués à la clientèle progressent de manière significative, portés principalement par les entreprises non financières. Les financements destinés à l'investissement enregistrent la plus forte croissance, confirmant une reprise des projets d'équipement et de développement des entreprises.
Du côté des particuliers, les crédits à l'habitat continuent d'évoluer de façon plus modérée, tandis que les prêts à la consommation affichent une progression régulière.
Parallèlement, les dépôts bancaires poursuivent leur hausse, soutenus par l'augmentation des comptes à vue aussi bien des ménages que des entreprises, renforçant ainsi les capacités de financement du secteur.
Une rentabilité en nette amélioration
Les performances financières des banques marocaines se sont sensiblement améliorées en 2025. Le produit net bancaire poursuit sa progression, tandis que le résultat net connaît une croissance particulièrement soutenue.
Cette amélioration s'explique notamment par l'augmentation des revenus récurrents et par une baisse significative du coût du risque, conséquence d'une meilleure qualité globale des portefeuilles de crédit.
Les indicateurs de rentabilité, qu'il s'agisse du rendement des fonds propres ou des actifs, affichent tous une évolution favorable. Les banques participatives confirment également leur montée en puissance avec un résultat net qui double sur un an, illustrant la progression continue de cette activité au sein du paysage bancaire marocain.
Des risques toujours sous contrôle
Malgré une légère augmentation des créances en souffrance, Bank Al-Maghrib estime que le niveau global de risque demeure maîtrisé. Le taux de sinistralité reste relativement stable grâce à une politique prudente de provisionnement et à un niveau élevé de couverture des créances douteuses.
Les établissements bancaires continuent par ailleurs de constituer d'importantes provisions générales afin d'anticiper d'éventuelles dégradations futures de la qualité des actifs.
Les indicateurs de liquidité demeurent largement supérieurs aux seuils réglementaires, traduisant la capacité des banques à faire face à leurs engagements à court terme. Les ratios de solvabilité restent également confortablement au-dessus des exigences imposées par la réglementation prudentielle.
Une vigilance maintenue sur les dividendes
Si le secteur affiche des fondamentaux solides, Bank Al-Maghrib maintient une approche prudente. La Banque centrale renouvelle ainsi son appel à la modération concernant la distribution des dividendes au titre de l'exercice 2025.
Cette recommandation vise à préserver les fonds propres des établissements afin de renforcer leur résilience face aux risques économiques et financiers susceptibles d'émerger dans les prochaines années.
Un secteur bancaire solide face aux défis futurs
Le rapport annuel confirme que le système bancaire marocain aborde les prochaines échéances dans une position favorable. L'amélioration de la rentabilité, la progression de l'activité de crédit, le développement de l'inclusion financière et le respect des exigences prudentielles témoignent de la robustesse du secteur.
Dans un environnement marqué par les mutations technologiques, les exigences réglementaires et les incertitudes économiques mondiales, les banques marocaines semblent disposer des ressources nécessaires pour continuer à financer l'économie tout en consolidant leur stabilité.
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