Banques marocaines : les revenus progressent malgré un environnement économique sous pression
Le secteur bancaire marocain maintient le cap malgré un contexte marqué par le ralentissement de l’activité économique et les tensions persistantes sur le pouvoir d’achat. Les résultats publiés au titre du premier semestre 2026 par les principales banques cotées à la Bourse de Casablanca font ressortir une évolution globalement favorable des revenus et des bénéfices, avec toutefois des écarts sensibles d’un établissement à l’autre.
Une activité commerciale toujours dynamique
Les premiers mois de 2026 confirment la capacité des banques marocaines à poursuivre leur développement commercial. Le Groupe Banque Centrale Populaire (BCP) a notamment enregistré une hausse de 9 % des dépôts de sa clientèle sur la période. Les crédits distribués ont également progressé de 5,7 %, traduisant une activité de financement qui reste soutenue.
Cette évolution témoigne d’une demande de services bancaires qui demeure solide, malgré les contraintes pesant sur les ménages et l’environnement économique. La progression simultanée des dépôts et des crédits illustre également la poursuite de l’activité d’intermédiation du groupe.
Le produit net bancaire pénalisé par les activités de marché
La croissance des volumes ne s’est toutefois pas traduite par une hausse généralisée du produit net bancaire. Pour la BCP, les revenus consolidés ont notamment subi l’impact du repli des recettes liées aux activités de marché.
Le produit net bancaire du groupe s’est établi à 13,5 milliards de dirhams au premier semestre 2026, contre 13,9 milliards de dirhams sur la même période de l’année précédente. Cette évolution représente une baisse de 3,2 %.
La comparaison avec 2025 doit néanmoins être replacée dans son contexte : les activités de marché avaient alors bénéficié de performances particulièrement élevées. Le recul observé cette année ne traduit donc pas nécessairement un affaiblissement généralisé de l’activité bancaire, mais également un effet de comparaison avec un exercice exceptionnel.
Des performances qui restent différenciées
Les résultats semestriels montrent par ailleurs que les banques marocaines ne suivent pas toutes la même trajectoire. Les performances dépendent notamment de la structure des revenus, de l’évolution du coût du risque, du dynamisme des crédits et de l’exposition aux activités de marché.
Cette diversité devrait continuer à se refléter dans les résultats des différents groupes bancaires au cours de l’exercice 2026. Dans un environnement économique moins porteur, la capacité à préserver les marges tout en maintenant la croissance commerciale devient un enjeu central.
Un secteur qui conserve sa capacité de résistance
Malgré les pressions exercées sur le pouvoir d’achat et les incertitudes économiques, les données disponibles au premier semestre montrent que le secteur bancaire marocain conserve une base d’activité robuste.
La progression des dépôts et des crédits constitue un indicateur important de cette résistance. Elle souligne également le rôle central des banques dans le financement de l’économie, alors que les entreprises comme les ménages restent confrontés à des conditions économiques exigeantes.
Pour les établissements bancaires, la deuxième partie de l’année sera donc déterminante. L’enjeu consistera à maintenir la dynamique commerciale tout en compensant les variations des revenus de marché et en préservant la rentabilité dans un contexte moins favorable.
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