Barrages : les réserves d’eau progressent fortement et offrent un répit hydrique au Maroc
Après plusieurs années dominées par la sécheresse, la situation hydrique du Maroc connaît un net redressement. Les apports enregistrés entre septembre et le 20 janvier ont dépassé 4,07 milliards de mètres cubes, permettant de hisser le taux de remplissage des barrages à 48 % au niveau national. Une évolution qui assure, en moyenne, une année supplémentaire d’approvisionnement en eau potable pour le Royaume.
Présentant ces données devant la Chambre des conseillers, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a souligné l’ampleur des précipitations récentes, avec plus de 3,6 milliards de mètres cubes reçus au cours des quarante derniers jours seulement. Depuis le début de la saison, le cumul pluviométrique atteint 121,5 mm, soit plus du double de celui de l’an passé et un niveau supérieur à la moyenne climatique des trois dernières décennies.
Une amélioration confirmée par l’enneigement
Autre indicateur marquant : l’étendue du manteau neigeux. Les surfaces couvertes ont atteint un record de plus de 55.000 km² avant de se stabiliser autour de 22.600 km², un niveau inédit depuis 2018. Cet enneigement constitue un réservoir naturel essentiel, garantissant des apports progressifs dans les cours d’eau et les retenues au fil des mois.
Des bassins hydrauliques largement reconstitués
L’amélioration se reflète de manière contrastée selon les bassins. Celui du Sebou dépasse désormais les 57 % de remplissage, avec plus de 3 milliards de mètres cubes stockés et plusieurs barrages en situation de déversement. Le bassin Bouregreg–Chaouia frôle la saturation, atteignant près de 96 %, tandis que l’Oum Er-Rbia a vu ses réserves presque quintupler en un an.
Dans le Nord, le Loukkos affiche plus de 64 % de remplissage, avec plusieurs ouvrages à pleine capacité. Le Tensift dépasse désormais 75 %, retrouvant des niveaux comparables à ceux de 2017. Plus au Sud, le Souss-Massa atteint 52 %, ce qui permet de sécuriser une année supplémentaire d’eau potable, et jusqu’à deux ans pour certaines zones comme Aït Baha.
À l’Est, le bassin Guir–Ziz–Rheris garantit plus de deux années d’approvisionnement pour la région d’Errachidia. La situation demeure plus stable mais sans forte progression dans le bassin Drâa–Oued Noun, tandis que la Moulouya enregistre des excédents localisés malgré un taux global avoisinant 39 %.
Une respiration, mais pas un relâchement
Si les indicateurs sont jugés « très positifs », le ministère insiste sur la nécessité de maintenir une stratégie de long terme. Les données actuelles offrent un répit, mais ne remettent pas en cause la vulnérabilité structurelle du pays face au stress hydrique.
Dans cette optique, Nizar Baraka a confirmé l’accélération des grands projets hydrauliques, notamment la réduction des délais de réalisation du barrage de Tamri, dont la mise en eau est prévue dès le mois de juin. Plus de 4.200 forages exploratoires ont également été réalisés, au bénéfice direct de près de six millions de citoyens en milieu rural, en parallèle du développement d’ouvrages de collecte et de récupération des eaux pluviales.
Interconnexion et dessalement au cœur de la stratégie
Le ministre a par ailleurs fait le point sur les projets structurants. La phase urgente du transfert Sebou–Bouregreg a permis l’acheminement de 953 millions de mètres cubes d’eau, et une nouvelle étape doit relier cette année Sebou, Bouregreg et Oum Er-Rbia jusqu’au barrage Al Massira.
Sur le front du dessalement, la production nationale atteint aujourd’hui 350 millions de mètres cubes par an, avec un objectif de 1,7 milliard à l’horizon 2030. Plusieurs stations sont en construction et d’autres programmées dans différentes régions, en complément du programme de réutilisation des eaux usées traitées, appelé à plus que doubler d’ici 2027.
Vers une sécurité hydrique durable
En parallèle, des projets d’alimentation en eau potable ciblent plus de 22.000 douars et des centaines de centres ruraux, dans le cadre du Plan national de l’eau à l’horizon 2050. Une feuille de route qui confirme que, malgré l’amélioration actuelle, la sécurité hydrique du Maroc repose désormais sur une combinaison de stockage, de transferts, de dessalement et de gestion raisonnée de la ressource.
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