Batteries électriques : le Maroc et l’Égypte étudient un projet d’usine au Maroc
Le Maroc pourrait renforcer sa position dans l’industrie des batteries électriques grâce à un nouveau projet de coopération avec l’Égypte. Des investisseurs des deux pays examinent la possibilité d’implanter une unité industrielle dans le Royaume, selon des informations communiquées le 2 octobre 2026 par le Conseil d’affaires égypto-marocain. Encore à l’étude, cette initiative s’inscrit dans la montée en puissance de la filière marocaine des véhicules électriques et des matériaux destinés aux batteries.
Une coopération industrielle à l’étude
Le projet envisagé témoigne de l’intérêt croissant pour les activités liées aux technologies de stockage de l’énergie. Si elle se concrétise, cette implantation pourrait ouvrir un nouveau volet dans les relations économiques entre Rabat et Le Caire, en favorisant les échanges entre investisseurs et industriels des deux marchés.
À ce stade, les contours de l’investissement restent toutefois inconnus. Aucun montant financier, site d’implantation précis ni objectif de production n’a été annoncé. Le projet demeure donc au stade de l’étude, sans calendrier de réalisation communiqué.
L’initiative intervient alors que le Maroc cherche à développer une chaîne industrielle plus complète autour de la mobilité électrique, en intégrant progressivement des activités situées en amont de la fabrication automobile.
Jorf Lasfar, un pôle en développement pour les matériaux de batteries
Cette ambition s’appuie notamment sur les investissements engagés à Jorf Lasfar, où COBCO développe une plateforme industrielle consacrée aux matériaux actifs pour batteries électriques. Le projet représente un investissement global annoncé de 20 milliards de dirhams et s’étend sur une superficie de plus de 238 hectares.
Le complexe prévoit notamment la production de précurseurs NMC destinés aux cathodes, ainsi que de matériaux LFP. Les capacités cibles annoncées atteignent 120.000 tonnes par an pour les précurseurs NMC et 60.000 tonnes pour les cathodes LFP.
Ces activités illustrent l’élargissement progressif du tissu industriel marocain. Au-delà de l’assemblage automobile, le Royaume développe des compétences dans les matériaux, la chimie industrielle, les batteries, l’électronique de puissance et les systèmes électriques.
Des retombées potentielles pour plusieurs secteurs
Le développement d’une filière batteries mobilise un ensemble d’activités complémentaires. La chimie, la métallurgie, les équipements électriques, l’électronique, l’automatisation, la logistique et le traitement des matériaux figurent parmi les domaines susceptibles de bénéficier de cette dynamique.
Une éventuelle implantation égyptienne pourrait ainsi compléter les investissements déjà engagés par des groupes internationaux et élargir les possibilités de coopération entre les entreprises des deux pays.
Pour les investisseurs égyptiens, une présence industrielle au Maroc pourrait faciliter l’accès aux marchés européens et africains, en s’appuyant sur les infrastructures portuaires du Royaume et ses accords commerciaux. En parallèle, les entreprises marocaines pourraient tirer parti de partenariats avec des acteurs égyptiens pour développer leurs débouchés et renforcer les échanges industriels bilatéraux.
Les batteries, un nouveau terrain de rapprochement entre Rabat et Le Caire
L’intérêt du projet dépasse la seule perspective d’une nouvelle usine. Il reflète la diversification des partenariats autour des technologies énergétiques et des composants nécessaires à la mobilité électrique.
Après le développement de l’industrie automobile, les matériaux et les systèmes liés aux batteries apparaissent comme un axe supplémentaire de coopération entre le Maroc et l’Égypte, avec des prolongements possibles vers d’autres marchés africains et arabes.
La concrétisation de cette initiative dépendra toutefois des prochaines étapes du projet, notamment des décisions d’investissement, du choix du site et de la définition des capacités industrielles. En l’absence de précisions sur ces éléments, son ampleur économique reste à déterminer.
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