Belgique : la présence marocaine dans la police de Bruxelles révélée par une étude
Une analyse inédite sur la composition des forces de l’ordre à Bruxelles apporte un éclairage nouveau sur la diversité au sein de la police belge. Selon cette étude universitaire, 6,5 % des agents de la capitale disposent d’au moins un parent d’origine marocaine, un chiffre qui, bien que significatif, ne reflèterait qu’une partie de la réalité.
Une première cartographie précise de la diversité
Menée par des chercheurs issus de l’Université libre de Bruxelles (ULB) et de la Vrije Universiteit Brussel (VUB), l’étude repose sur l’analyse de 6 750 profils professionnels. En croisant de manière anonymisée les données administratives des agents avec celles de l’institut statistique national, les chercheurs ont pu établir une cartographie détaillée des origines parentales.
Les résultats montrent que la majorité des policiers bruxellois, soit 70 %, ont des parents belges. Par ailleurs, 14,3 % présentent des liens familiaux avec d’autres pays de l’Union européenne.
Dans ce paysage, la présence marocaine se distingue nettement. Avec 6,5 % des effectifs concernés, elle dépasse largement d’autres origines observées, notamment turques ou congolaises, confirmant l’ancrage historique et démographique de cette communauté à Bruxelles.
Une représentation visible mais partiellement mesurée
Si cette étude constitue une avancée dans la compréhension de la mixité au sein des institutions, elle met également en évidence les limites des outils statistiques actuels. En effet, l’analyse se concentre uniquement sur la filiation directe, sans remonter au-delà des parents.
Pour Nawal Bensaïd, impliquée dans les travaux de recherche, cette contrainte méthodologique réduit la portée des résultats. Elle souligne que plusieurs générations issues de l’immigration sont aujourd’hui pleinement intégrées dans la société belge, mais échappent à ce type de mesure.
Cette limite entraîne mécaniquement une sous-représentation statistique de la diversité réelle au sein des effectifs policiers, notamment pour les profils appartenant à la troisième ou quatrième génération.
Une diversité ancrée dans la réalité bruxelloise
Au-delà des chiffres, l’étude confirme une évolution sociologique profonde des forces de l’ordre dans la capitale belge. À l’image de la ville elle-même, la police de Bruxelles reflète une pluralité d’origines et de parcours.
Cette diversité, souvent perceptible sur le terrain, participe à la transformation des relations entre les institutions et les citoyens. Elle constitue également un enjeu en matière de représentativité et de confiance dans les services publics.
Vers une meilleure prise en compte des parcours
Si cette première photographie statistique ouvre la voie à une meilleure compréhension de la diversité, elle souligne aussi la nécessité d’affiner les outils d’analyse. L’enjeu, pour les chercheurs comme pour les institutions, est désormais de mieux intégrer la complexité des parcours migratoires et des identités multiples.
Dans un contexte européen où les questions d’inclusion et de représentativité restent centrales, cette étude bruxelloise apporte un éclairage utile, tout en appelant à une lecture nuancée des données disponibles.
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