Béni Mellal-Khénifra : les femmes rurales dévoilent leurs priorités avant les élections
À quelques jours des élections législatives prévues le 23 septembre, les attentes exprimées par les femmes du monde rural de la région de Béni Mellal-Khénifra traduisent une réalité très concrète : l’accès aux routes, aux soins, à l’éducation et à la formation reste au centre de leurs préoccupations quotidiennes.
Loin des seuls débats politiques, leurs revendications portent avant tout sur des besoins directement liés à leur vie familiale, professionnelle et sociale. Elles souhaitent notamment voir les engagements formulés pendant la campagne électorale se transformer en projets adaptés aux contraintes spécifiques des territoires ruraux.
Le désenclavement, une condition pour développer l’activité économique
Pour Saadia Hamdoun, présidente de la coopérative « Yamna » à Zaouiat Cheikh, l’amélioration du réseau routier constitue l’une des urgences majeures pour les femmes de la région.
Son expérience illustre les difficultés auxquelles peuvent être confrontées les initiatives économiques en milieu rural. Active depuis 2015 dans la valorisation des produits du terroir, sa coopérative souhaite élargir ses débouchés et développer son activité. Mais l’état des infrastructures de transport demeure un obstacle à cette ambition.
Le projet de créer un gîte rural dans la région se heurte notamment à l’absence d’une route goudronnée. Une situation qui, selon elle, limite à la fois l’attractivité du territoire et les possibilités de commercialisation des productions locales.
Pour les femmes engagées dans l’activité économique, l’amélioration des liaisons routières apparaît ainsi comme un levier de développement au-delà de la seule question de mobilité.
Le transport scolaire et l’accès à l’emploi au centre des préoccupations
La question des déplacements concerne également les jeunes filles et les femmes actives. Saadia Hamdoun insiste notamment sur la nécessité de renforcer les solutions de transport scolaire et les moyens permettant aux femmes de rejoindre leurs lieux de travail.
Dans plusieurs zones rurales, l’éloignement géographique peut en effet réduire l’accès aux opportunités professionnelles existantes. Des moyens de transport adaptés permettraient, selon elle, de faciliter la mobilité et d’élargir les possibilités d’insertion économique des femmes.
Cette revendication rejoint une préoccupation plus large : permettre aux habitantes des douars de bénéficier des mêmes opportunités que celles offertes dans les centres urbains et semi-urbains.
Santé et éducation : rapprocher les services des populations
Pour Khadija Ben El Maati, actrice associative et présidente de l’association de l’école d’Ouled M'Barek, les priorités sont également liées aux services sociaux fondamentaux.
La santé figure en tête des revendications. La création d’un centre de santé de proximité est présentée comme une nécessité pour les familles contraintes de parcourir de longues distances pour accéder aux soins.
L’amélioration de l’offre sanitaire passe également, selon elle, par la réhabilitation des structures existantes et leur renforcement en personnel médical et infirmier. Elle plaide parallèlement pour la poursuite de la généralisation de la couverture médicale afin d’assurer une prise en charge plus complète des habitants des zones rurales.
L’éducation constitue un autre volet important. La réhabilitation des établissements scolaires et l’amélioration des conditions de scolarisation sont considérées comme indispensables pour offrir aux enfants du monde rural un environnement éducatif plus favorable.
Des conditions de vie qui restent au cœur des revendications
Au-delà des grands programmes de développement, les attentes formulées concernent aussi des aménagements de proximité susceptibles d’avoir un impact immédiat sur la vie quotidienne.
Routes, pavage des ruelles et présence d’un centre de santé à proximité résument, pour Khadija Ben El Maati, une partie des besoins prioritaires exprimés dans sa zone.
L’amélioration de ces infrastructures est également perçue comme un moyen de renforcer l’attractivité des territoires ruraux et de contribuer à la réduction des écarts entre les différentes zones du pays.
La formation, un levier pour l’autonomie des jeunes femmes
L’accès à la formation professionnelle apparaît comme un autre enjeu déterminant. Saadia Hamdoun appelle à mettre en place des programmes spécifiquement adaptés aux jeunes filles rurales à l’issue de leur parcours scolaire.
L’objectif est double : développer leurs compétences et faciliter leur accès au marché du travail. Pour les acteurs associatifs et économiques locaux, la formation peut constituer un point de passage essentiel entre la fin de la scolarité et l’insertion professionnelle.
Cette demande s’inscrit plus largement dans une volonté de renforcer l’autonomie économique des femmes. Pour Saadia Hamdoun, permettre aux femmes de travailler et de disposer de leurs propres revenus représente un facteur important d’indépendance et de participation à la vie économique et sociale.
Les femmes rurales veulent être davantage associées aux décisions
Au-delà des infrastructures et des services, les femmes interrogées mettent en avant une autre exigence : celle d’être davantage écoutées dans la définition des politiques publiques qui concernent leurs territoires.
Khadija Ben El Maati estime ainsi que l’écoute des femmes rurales ne devrait pas se limiter aux périodes électorales. Leur participation au diagnostic des besoins locaux permettrait, selon elle, de concevoir des programmes de développement davantage en adéquation avec les réalités vécues dans les douars.
Cette approche donnerait également davantage de place à l’expertise de terrain des femmes, qui connaissent directement les difficultés liées à la mobilité, à l’accès aux soins, à la scolarisation ou encore à l’emploi.
Une volonté de participer au scrutin
La représentation politique constitue enfin une dimension importante de leurs attentes. Khadija Ben El Maati défend notamment l’accès des femmes rurales au Parlement, estimant qu’elles disposent d’une connaissance concrète des problématiques de leurs territoires et peuvent contribuer à l’élaboration de solutions adaptées.
À l’approche du scrutin du 23 septembre, elle appelle ainsi les femmes du monde rural à participer au processus électoral. Le vote est présenté comme un moyen de faire entendre leurs préoccupations et de porter leurs revendications auprès des responsables politiques.
Derrière ces attentes, se dessine donc une même ambition : faire du développement rural un processus davantage connecté aux besoins quotidiens des populations, en particulier des femmes. Pour les habitantes de Béni Mellal-Khénifra, les élections constituent l’occasion de rappeler que le désenclavement, la santé, l’éducation, la formation et l’autonomie économique restent des enjeux essentiels de leur quotidien.
-
23:44
-
23:31
-
23:03
-
22:44
-
22:31
-
22:09
-
21:44
-
21:31
-
20:44
-
20:30
-
20:15
-
20:00
-
19:45
-
19:30
-
19:15
-
19:00
-
18:45
-
18:30
-
18:15
-
18:00
-
17:44
-
17:30
-
17:15
-
17:05
-
17:00
-
16:54
-
16:45
-
16:32
-
16:30
-
16:26
-
16:20
-
16:15
-
16:11
-
16:00
-
15:45
-
15:39
-
15:35
-
15:30
-
15:21
-
15:15
-
15:10
-
15:01
-
15:00
-
14:47
-
14:30
-
14:15
-
14:08
-
14:05
-
14:00
-
13:44
-
13:31
-
13:20
-
13:15
-
13:08
-
13:03
-
12:44
-
12:31
-
12:24
-
12:24
-
12:15
-
12:14
-
12:03
-
12:01
-
12:00
-
11:44
-
11:32
-
11:31
-
11:27
-
11:27
-
11:17
-
11:15
-
11:07
-
11:02
-
10:44
-
10:31
-
10:15
-
10:14
-
10:10
-
10:02
-
10:00
-
09:47
-
09:46
-
09:45
-
09:30
-
09:16
-
09:15
-
09:10
-
09:10
-
09:00
-
08:45
-
08:42
-
08:36
-
08:30
-
08:15
-
08:12
-
08:07
-
08:00