Bombardements et ripostes : Kaboul et Islamabad replongent dans l’escalade
Les tensions entre l’Afghanistan et le Pakistan ont franchi un nouveau cap après une offensive menée par les forces afghanes contre des installations militaires frontalières pakistanaises. Cette attaque a été présentée par Kaboul comme une réponse directe à des bombardements meurtriers attribués à l’armée pakistanaise.
Selon le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, des soldats pakistanais auraient été tués, blessés ou capturés lors de l’opération, qui aurait visé plusieurs avant-postes en l’espace de quelques heures. Des affirmations immédiatement contestées par les autorités pakistanaises. Un représentant du gouvernement dirigé par le Premier ministre Shehbaz Sharif a assuré qu’aucune position militaire n’avait été perdue, évoquant au contraire des pertes importantes du côté afghan.
Les autorités afghanes ont qualifié l’opération de représailles contre ce qu’elles décrivent comme des frappes aériennes menées le week-end précédent dans l’est du pays, notamment dans les provinces de Nangarhar et Paktika. Ces bombardements auraient visé des groupes armés soupçonnés d’être impliqués dans des attaques sur le territoire pakistanais.
Dans la capitale Kaboul, plusieurs explosions ont été entendues peu après l’annonce de l’offensive, tandis que des avions militaires survolaient la zone. Sur le terrain, des échanges de tirs ont été signalés le long de la frontière, notamment près de la province pakistanaise de Khyber Pakhtunkhwa.
Des responsables locaux ont également fait état de victimes civiles. Près du poste frontalier de Torkham, des civils auraient été blessés par des tirs d’obus touchant un camp accueillant des Afghans de retour du Pakistan.
Cette montée des violences intervient dans un contexte de relations déjà fragilisées entre les deux voisins. Depuis la prise de pouvoir des talibans à Kaboul en 2021, Islamabad accuse régulièrement les autorités afghanes d’héberger des groupes armés responsables d’attaques au Pakistan — une accusation rejetée par Kaboul.
Les affrontements frontaliers d’octobre dernier, qui ont fait de nombreuses victimes de part et d’autre, ont conduit à la fermeture partielle des principaux points de passage terrestres. Malgré plusieurs cycles de négociations, dont certains facilités par le Qatar et la Turquie, aucun accord durable n’a encore été conclu.
Plus récemment, l’Arabie saoudite a joué un rôle de médiation, contribuant à la libération de soldats pakistanais capturés lors des précédents affrontements. Mais la reprise des hostilités montre que la frontière afghano-pakistanaise demeure l’un des points les plus instables de la région.
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