Booking sous enquête européenne pour ses pratiques de sécurité et de transparence
La Commission européenne a ouvert, le 21 octobre 2026, une procédure formelle visant Booking.com. L’exécutif européen entend examiner les mesures mises en place par la plateforme de réservation pour protéger ses utilisateurs contre les escroqueries, mais aussi la transparence de certaines annonces payantes apparaissant dans les résultats de recherche.
Cette procédure porte sur trois points : les fausses annonces de logements, les tentatives de phishing et les annonces sponsorisées qui bénéficient d’une meilleure visibilité en contrepartie d’une rémunération.
Les dispositifs de protection des utilisateurs examinés
La plateforme avait reconnu, en juin 2024, une augmentation de 500 à 900 % des tentatives d’arnaque liées aux voyages sur une période de 18 mois. Aux Pays-Bas, plus de 1 000 cas de phishing ont été signalés au premier semestre 2026. Les pertes financières associées à Booking.com dépasseraient 82 000 euros, tandis que les signalements seraient près de dix fois plus nombreux qu’un an auparavant.
Depuis 2023, Booking.com est classée parmi les très grandes plateformes en ligne au titre du règlement européen sur les services numériques (DSA). Ce statut lui impose notamment d’identifier et de réduire les risques systémiques liés à ses services.
La Commission cherche ainsi à déterminer si la plateforme intervient suffisamment rapidement pour retirer les annonces frauduleuses et si les mécanismes de vérification des propriétaires sont adaptés.
Fausses annonces et phishing : deux risques pour les voyageurs
Les fausses annonces peuvent présenter des hébergements inexistants ou utiliser des photographies trompeuses. Les voyageurs risquent alors de découvrir, à leur arrivée, que le logement réservé ne correspond pas à l’offre présentée, voire qu’il n’existe pas.
Le phishing constitue un autre point de vigilance. Des fraudeurs peuvent se faire passer pour des hébergeurs et réclamer des paiements supplémentaires après une réservation. Ces sollicitations peuvent sembler crédibles lorsqu’elles reprennent des informations exactes sur le séjour, ce qui complique leur identification par les utilisateurs.
Les annonces sponsorisées au cœur des exigences de transparence
La procédure concerne également les annonces dites « boostées ». Certains hébergeurs peuvent payer davantage pour améliorer leur positionnement dans les résultats de recherche et accroître leur visibilité auprès des voyageurs.
La Commission européenne ne remet pas nécessairement en cause le principe de cette pratique commerciale. Elle veut toutefois s’assurer que les utilisateurs puissent identifier clairement et rapidement les contenus publicitaires, sans les confondre avec les résultats ordinaires.
Booking.com annonce sa coopération avec les autorités
Booking.com a indiqué vouloir coopérer pleinement avec les autorités compétentes. Dans le cadre de la procédure, la Commission européenne peut demander des informations supplémentaires, mener des inspections et, si les manquements sont établis, imposer des mesures correctives ou une amende.
Pour Bruxelles, l’enjeu consiste à déterminer si la plateforme respecte ses obligations en matière de gestion des risques et de protection des consommateurs. La procédure doit notamment permettre d’examiner les pratiques de modération des annonces, les contrôles des hébergeurs et les informations fournies sur les contenus sponsorisés.
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