Botswana : le braconnage des éléphants repart à la hausse en 2025
Le Botswana fait face à une nouvelle montée du braconnage des éléphants, un phénomène qui inquiète les autorités alors que le pays abrite la plus importante population de pachydermes au monde. Depuis le début de l’année 2025, 35 éléphants ont été tués illégalement, sans qu’aucune arrestation ni condamnation n’ait encore été enregistrée.
Le ministère de l’Environnement et du Tourisme explique que les enquêtes restent particulièrement complexes en raison de la localisation des faits, principalement dans les régions sauvages de Chobe et du delta de l’Okavango. Ces vastes espaces naturels, associés à la proximité des frontières, compliquent les opérations de surveillance et favorisent les déplacements rapides des réseaux criminels.
Selon les autorités, les auteurs de ces actes proviennent fréquemment de pays voisins. Après leurs opérations, ils quittent rapidement le territoire botswanais, ce qui limite les possibilités d’interpellation et complique le travail des forces de sécurité.
Face à cette situation, le gouvernement a décidé de renforcer son dispositif de lutte contre le trafic d’espèces sauvages. Les patrouilles seront intensifiées dans les principales zones de conservation, tandis que les capacités de collecte et de partage de renseignements seront développées avec les pays limitrophes afin d'améliorer la coordination régionale.
Le Botswana prévoit également d'investir davantage dans les technologies de surveillance. Le recours aux drones, aux hélicoptères et à d'autres moyens de reconnaissance aérienne doit permettre d'améliorer la détection des activités suspectes et de renforcer la protection des espaces naturels les plus exposés au braconnage.
Les autorités estiment toutefois que ces moyens ne suffiront pas sans une coopération transfrontalière plus efficace. Les insuffisances persistantes dans les échanges d'informations entre les États d'Afrique australe continuent de ralentir les interventions contre les réseaux impliqués dans le trafic d'ivoire.
Cette recrudescence intervient alors que le Botswana conserve environ 300 tonnes de défenses d’éléphants saisies lors d’opérations menées contre le commerce illégal. Ce stock, évalué à plusieurs millions de dollars, ne peut être commercialisé en raison des restrictions internationales encadrant le commerce de l’ivoire.
Depuis plusieurs années, le gouvernement botswanais plaide pour une plus grande flexibilité dans la gestion de ces ressources, estimant que les recettes pourraient être réinvesties dans les programmes de conservation. Ce débat s'inscrit toutefois dans un contexte marqué par plusieurs décennies d'efforts internationaux destinés à protéger les populations d'éléphants africains, fortement décimées par le braconnage.
Les chiffres restent préoccupants. D'après le Fonds mondial pour la nature (WWF), plus de 20 000 éléphants africains sont encore tués chaque année pour leurs défenses, malgré les interdictions commerciales et le renforcement des dispositifs de lutte contre les trafics. Pour le Botswana, la préservation de cette richesse naturelle demeure un enjeu majeur, à la fois environnemental, économique et touristique.
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