Brésil : le ralentissement de l'inflation ouvre la voie à une nouvelle baisse des taux
Le ralentissement de l'inflation observé au Brésil en juin redonne de l'optimisme aux marchés financiers et relance les spéculations autour de la prochaine décision de la Banque centrale. Les derniers indicateurs économiques montrent un apaisement de la hausse des prix, dans un contexte où la croissance perd progressivement de son élan et où le marché du travail affiche des signes de faiblesse.
D'après les statistiques publiées par l'Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE), l'inflation annuelle s'est établie à 4,64 % en juin, un résultat inférieur aux anticipations des économistes. Sur un mois, la progression des prix à la consommation s'est limitée à 0,16 %, soit la plus faible variation mensuelle enregistrée depuis plusieurs mois.
Cette évolution marque le premier repli du rythme annuel de l'inflation depuis quatre mois. Elle intervient après la récente décision de la Banque centrale brésilienne d'abaisser son taux directeur Selic de 25 points de base pour le fixer à 14,25 %, tout en laissant entendre que toute nouvelle réduction dépendrait de l'évolution des principaux indicateurs macroéconomiques.
Les nouvelles données sur les prix viennent s'ajouter à des statistiques moins favorables concernant l'emploi. La création de postes au mois de mai a atteint son niveau le plus faible depuis 2020, alimentant les interrogations sur la vigueur de l'économie brésilienne et renforçant les attentes d'un nouvel assouplissement monétaire.
Pour de nombreux analystes, ces deux indicateurs convergents augmentent la probabilité d'une nouvelle baisse de 25 points de base du taux Selic lors de la prochaine réunion du Comité de politique monétaire, prévue au début du mois d'août. Les marchés considèrent désormais que la Banque centrale dispose d'une marge de manœuvre plus importante pour soutenir l'activité, sans compromettre son objectif de maîtrise de l'inflation.
Les autorités monétaires restent néanmoins prudentes. Elles estiment que plusieurs facteurs pourraient encore exercer des pressions sur les prix dans les prochains mois, notamment la résilience de certains secteurs de l'économie, les tensions persistantes sur certains marchés ainsi que les effets des mesures budgétaires destinées à stimuler la demande intérieure.
L'analyse détaillée de l'indice des prix révèle des évolutions contrastées. Les dépenses liées au logement ont constitué le principal moteur de l'inflation en juin, enregistrant la plus forte progression parmi les grandes catégories de consommation. À l'inverse, les produits alimentaires et les boissons ont vu leurs prix diminuer, contribuant de manière significative au ralentissement global de l'inflation.
Les économistes soulignent que la réunion de politique monétaire du mois d'août sera déterminante pour la trajectoire financière du pays. Si une nouvelle réduction des taux apparaît désormais plus crédible, les décisions prises au cours des prochains mois resteront étroitement liées à l'évolution simultanée de l'inflation, de la croissance économique et des effets des politiques publiques sur la demande.
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