Budget 2025: des recettes fiscales en nette progression et une stabilité renforcée
La situation financière du Maroc affiche des indicateurs au vert. À l’occasion de la présentation du bilan d’exécution de la loi de finances 2025 devant la Chambre des représentants, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaâ, a mis en avant une progression significative des recettes de l’État sur la période 2021-2025. Celles-ci ont augmenté de 127 milliards de dirhams, soit une croissance moyenne annuelle estimée à 12,4%.
Pour le ministre, cette performance ne saurait être réduite à une simple hausse mécanique de l’impôt sur les sociétés. Elle traduit avant tout une dynamique économique réelle, soutenue par une amélioration de l’activité et un élargissement progressif de l’assiette fiscale. Une lecture partagée par plusieurs observateurs économiques, qui soulignent le lien étroit entre croissance, confiance et recettes publiques.
Fouzi Lekjaâ a également insisté sur la dimension sociale de la politique fiscale. Selon lui, l’impôt doit reposer sur la capacité contributive effective, sans alourdir la charge pesant sur les catégories vulnérables. Cette orientation vise à renforcer la justice fiscale tout en préservant le pouvoir d’achat et en soutenant l’investissement.
Cette évolution positive s’inscrit dans un contexte macroéconomique jugé sain et stable. Les institutions financières internationales et les agences de notation ont, à plusieurs reprises, exprimé leur confiance dans les perspectives économiques et budgétaires du Royaume. Sur le plan interne, l’activité agricole amorce une reprise après une année 2024 marquée par des conditions difficiles. La production devrait progresser de 4,6%, portée notamment par l’amélioration de la pluviométrie, après un recul de 4,8% l’année précédente.
La maîtrise des dépenses publiques a également contribué à la consolidation budgétaire. Le déficit pour 2025 a été maintenu à 3,5%, conformément aux prévisions, tandis que le ratio de la dette publique par rapport au PIB a légèrement diminué, passant de 67,7% en 2024 à 67,2% en 2025. Les autorités budgétaires anticipent une poursuite de cette trajectoire, avec un déficit stabilisé autour de 3% et une dette ramenée à 64% du PIB à l’horizon 2028.
La hausse des recettes a permis de financer plusieurs priorités sociales et économiques. Les augmentations salariales des fonctionnaires, issues du dialogue social, ont été mises en œuvre. La généralisation de la protection sociale a bénéficié d’un budget de 37,7 milliards de dirhams, contre 32 milliards un an auparavant. En parallèle, 17,7 milliards de dirhams ont été consacrés au soutien du pouvoir d’achat, tandis que l’Office national de l’électricité et de l’eau potable a reçu 4 milliards de dirhams pour préserver la stabilité des tarifs. Le programme de reconstitution du cheptel national a mobilisé, quant à lui, 5,5 milliards de dirhams.
Les données d’exécution budgétaire confirment cette tendance haussière. Les recettes ordinaires ont atteint 424 milliards de dirhams, en progression de 14,2% par rapport à 2024. Les recettes fiscales ont augmenté de 43,8 milliards de dirhams, soit +14,7%, dépassant les prévisions de la loi de finances. L’impôt sur les sociétés a enregistré la plus forte progression, passant de 71,1 à 91,4 milliards de dirhams, soit une hausse de 28,6%. La TVA et l’impôt sur le revenu ont progressé respectivement de 9,3% et 9,4%, tandis que les droits de douane et la taxe intérieure de consommation ont augmenté de 12,9% et 13,8%.
Cette dynamique fiscale s’accompagne d’une reprise notable dans plusieurs secteurs clés. Les ventes de ciment ont progressé de 8,2%, le secteur touristique a accueilli près de 20 millions de visiteurs, en hausse de 14%, et les flux de devises liés au tourisme, aux transferts des Marocains résidant à l’étranger et aux investissements directs étrangers ont renforcé les réserves du pays. Celles-ci ont atteint un niveau record de plus de 440 milliards de dirhams, couvrant plus de cinq mois et demi d’importations, soit une augmentation de 18% sur un an.
Au final, le bilan budgétaire de 2025 illustre une économie marocaine en phase de redressement, portée par des recettes publiques solides, une gestion rigoureuse des finances et des choix budgétaires orientés vers la cohésion sociale et la stabilité macroéconomique.
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