CAN 2025 : la hausse des prix dans les cafés alimente le débat sur l’accessibilité
Le lancement des premières rencontres de la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025) a remis sur le devant de la scène la question des tarifs pratiqués dans les cafés et restaurants au Maroc. Sur les réseaux sociaux, les offres de diffusion des matchs ont suscité de nombreux commentaires, révélant des disparités importantes : certains établissements maintiennent des prix raisonnables, tandis que d’autres sont jugés excessifs par les consommateurs.
Face à cette situation, plusieurs cafés ont choisi de conserver leurs tarifs habituels, alors que d’autres ont opté pour une hausse des consommations ou l’instauration de tickets d’entrée spécifiques. Ces pratiques soulèvent des interrogations sur la légalité et l’éthique professionnelle, particulièrement lors d’un événement sportif qui rassemble des milliers de fans.
La CAN reste un moment collectif où la passion du football se mêle aux logiques commerciales. Dans ce contexte, le café n’est plus uniquement un lieu de consommation : il devient un espace de diffusion, de divertissement et de services annexes. Cette transformation influence directement la fixation des prix, qui dépend de l’offre et de la demande, de la localisation des établissements, des prestations proposées et du pouvoir d’achat des clients.
Noureddine Harrak, président de l’Association nationale des propriétaires de cafés et restaurants au Maroc, a expliqué que la question avait été discutée lors de réunions nationales et régionales. « Ce mois doit rester celui de la fête et de la convivialité. Il ne devrait pas être marqué par des augmentations injustifiées », a-t-il insisté, précisant que les hausses constatées demeurent marginales et ne reflètent pas la tendance générale du secteur.
Selon lui, les cafés pratiquant des tarifs plus élevés bénéficient d’un positionnement particulier, avec une forte fréquentation toute l’année et des services supplémentaires tels que l’animation ou l’organisation d’activités autour des matchs. Ces prestations impliquent davantage de personnel et une organisation spécifique, justifiant, selon lui, la différence de prix ou l’instauration de billets d’accès.
Du côté des consommateurs, Bouazza Kherrati, président de l’Union marocaine des droits du consommateur, a replacé le débat dans un cadre juridique. Il rappelle que la législation marocaine repose sur la liberté des prix, à condition que ceux-ci soient clairement affichés. « Le consommateur doit pouvoir connaître les tarifs avant d’entrer. S’ils lui conviennent, il s’installe ; sinon, il peut se diriger vers un autre établissement », a-t-il expliqué.
Kherrati a toutefois reconnu que cette liberté peut être difficile à exercer dans certaines zones où les alternatives sont limitées. La concurrence demeure le mécanisme naturel de régulation, poussant les établissements moins fréquentés à ajuster leurs tarifs. Il a ajouté que les interventions des autorités restent rares, sauf en cas de non-affichage des prix, auquel cas le consommateur peut saisir les associations de protection ou les autorités locales.
En conclusion, Bouazza Kherrati souligne que le profit est légitime mais doit rester compatible avec le pouvoir d’achat des citoyens. Le véritable défi consiste à trouver un équilibre entre logique économique et responsabilité sociale, surtout lors d’un événement fédérateur comme la Coupe d’Afrique des nations.
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