CAN 2025 : polémique autour de l’exposition du trophée au Stade de France
Le trophée de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, au cœur d’un bras de fer juridique, suscite une vive polémique. Le Sénégal devait présenter ce trophée samedi 28 mars 2026 au Stade de France lors d’un match amical contre le Pérou, mais le Club des avocats marocains a annoncé des mises en demeure à l’encontre des organisateurs, évoquant une possible saisie judiciaire.
Un match à forte portée politique et juridique
Initialement prévu comme un événement festif pour la diaspora sénégalaise, le match devait inclure plusieurs animations, dont la présentation du trophée de la CAN sur la pelouse de Saint-Denis. Mais depuis la décision du jury d’appel de la CAF, le 17 mars 2026, qui a attribué la victoire au Maroc sur tapis vert, la dimension de cet événement a radicalement changé.
Pour le Club des avocats marocains, la présentation du trophée sénégalais constitue une violation du titre officiellement réattribué au Maroc. Dans ce contexte, ils ont engagé des actions contre la Fédération sénégalaise de football (FSF) ainsi que contre les organisateurs du match.
Des mises en demeure formelles adressées
Mourad Elajouti, président du Club des avocats marocains, a précisé que deux mises en demeure avaient été envoyées : l’une à la Société d’Exploitation du Stade de France et l’autre au groupe GL Events, responsable de l’organisation de la rencontre. Selon lui, « en prêtant leur concours à une cérémonie basée sur un titre révoqué, ces entités engagent leur responsabilité directe ».
La CAF au cœur du litige
La FSF a confirmé la présentation du trophée malgré le retrait officiel du titre. Pour les avocats marocains, la décision de la CAF reste pleinement applicable tant qu’aucune suspension n’a été prononcée par le Tribunal arbitral du sport (TAS). « En l’absence de décision suspensive du TAS, l’exhibition de ce trophée constitue une usurpation de titre et un trouble manifestement illicite (Art. 835 du Code de procédure civile français) », précise Elajouti.
Menace de poursuites et saisie judiciaire
Le Club des avocats marocains avertit que le maintien de l’événement pourrait entraîner des poursuites civiles sur le fondement de l’Art. 1240 du Code civil français. Une action en référé est également envisagée afin d’obtenir la mise sous séquestre du trophée, conformément à l’Art. 1961 du Code civil. « En l’absence de titre légal de détention, l’objet du litige doit être placé sous la garde d’un commissaire de justice », ajoute Elajouti.
Un bras de fer qui dépasse le terrain
Depuis la décision de la CAF, ce différend dépasse désormais le cadre purement sportif. Malgré la pression juridique, la FSF maintient sa position et prévoit de transformer le match Sénégal–Pérou en une célébration avec concerts et parade du trophée. La prochaine étape pourrait être judiciaire, dans l’attente de la décision du TAS.
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