Casablanca : le wali Mohamed Mhidia décrète la gratuité totale des plages
La saison estivale 2026 s'annonce sous le signe du changement radical pour les Casablancais. Mohamed Mhidia, wali de la région de Casablanca-Settat, vient d'acter une décision forte : la fin définitive de la privatisation de l'espace public maritime sur l'ensemble des plages de la métropole. Dès l'été prochain, les estivants pourront profiter du sable sans être confrontés aux loueurs de chaises, de tables ou de parasols qui occupaient jusqu'ici une part significative du littoral.
La fin du « chantage » aux estivants
Cette mesure vise avant tout à garantir la gratuité totale de l'accès aux plages et à protéger les citoyens contre les pratiques abusives des exploitants saisonniers. Jusqu'à présent, une règle tacite permettait l'occupation temporaire de 20 % de la superficie des plages par des prestataires privés. En balayant ce compromis, le wali entend éradiquer les phénomènes de « chantage » et d'occupation sauvage qui empoisonnaient souvent l'expérience des vacanciers.
Pour assurer l'effectivité de ce décret, des campagnes de contrôle rigoureuses seront déployées tout au long de la saison. Les services de la préfecture auront pour mission de traquer toute forme d'occupation illégale du domaine public, garantissant que les plages redeviennent un espace de liberté 100 % accessible à tous.
Un manque à gagner qui divise le Conseil de la ville
Si la nouvelle ravit les citoyens, elle provoque des remous au sein de l'administration locale. La décision a été notifiée aux élus de Casablanca, suscitant une vive désapprobation au Conseil de la ville, présidé par Nabila Rmili. Pour la municipalité, cette gratuité généralisée représente un manque à gagner fiscal non négligeable.
Les autorisations d’occupation temporaire du domaine public maritime constituaient une source de recettes régulières pour la commune. En mettant fin aux appels d'offres liés à ces concessions, le wali prive les caisses de la ville de revenus saisonniers importants, rompant ainsi un équilibre budgétaire jusque-là en vigueur entre le ministère de l’Intérieur et les instances élues.
Une reprise en main du domaine public
Cet arbitrage musclé de Mohamed Mhidia s'inscrit dans une politique globale de réorganisation de l'espace urbain et maritime à Casablanca. En faisant primer l'intérêt général et le droit d'accès au littoral sur les logiques marchandes locales, l'autorité préfectorale signe la fin des « plages privées » dans la ville blanche. Reste à voir comment la municipalité rééquilibrera son budget face à cette perte de recettes, alors que la pression sur les services de propreté et de sécurité des plages, eux, restera à la charge de la collectivité.
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