Compléments alimentaires au Maroc : vers une exclusivité de vente réservée aux pharmaciens ?
Une nouvelle proposition de loi relance le débat sur la réglementation des compléments alimentaires au Maroc. Le groupe parlementaire du Parti du progrès et du socialisme (PPS) propose de réserver leur vente exclusive aux pharmaciens, dans un contexte marqué par une croissance rapide de ce marché et un encadrement encore jugé insuffisant.
Selon plusieurs sources médiatiques, cette initiative vise à corriger un vide juridique et à renforcer la sécurité des consommateurs face à des produits largement disponibles, mais pas toujours suffisamment contrôlés.
Une commercialisation aujourd’hui très dispersée
Actuellement, les compléments alimentaires sont vendus dans une grande diversité de points de distribution : pharmacies, parapharmacies, grandes surfaces, épiceries, parfumeries et plateformes de commerce en ligne.
Cette multiplicité des canaux de vente soulève plusieurs problématiques :
- absence d’un contrôle uniforme,
- difficultés de traçabilité,
- manque d’accompagnement professionnel du consommateur,
- risque d’usage inapproprié.
Pour les auteurs de la proposition, cette situation augmente les risques sanitaires, notamment en cas d’automédication ou de consommation simultanée avec des traitements médicaux.
Un fondement juridique et des réformes récentes
La proposition du PPS s’appuie sur les dispositions de l’article 30 de la loi n° 17-04 relative au code du médicament et de la pharmacie. Ce texte encadre déjà certains produits réservés exclusivement aux officines pharmaceutiques, comme les médicaments ou certains dispositifs médicaux.
L’objectif est d’intégrer les compléments alimentaires dans cette liste afin de renforcer le cadre légal existant.
Cette démarche s’inscrit également dans la continuité de réformes récentes, notamment la création de l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé, ainsi que la mise en place d’un nouveau cadre global du système national de santé à travers la loi-cadre n° 06-22.
Parti du progrès et du socialisme
Agence marocaine des médicaments et des produits de santé
Enjeux de santé publique et risques pour les consommateurs
Les promoteurs de la réforme mettent en avant les risques liés à une consommation non encadrée. Bien que souvent perçus comme des produits naturels ou inoffensifs, les compléments alimentaires peuvent entraîner des effets secondaires ou interagir avec certains traitements médicamenteux.
Les principales préoccupations concernent :
- le manque de conseil médical lors de l’achat,
- la composition parfois variable des produits,
- l’absence de contrôle systématique avant mise sur le marché,
- la circulation de produits via des circuits informels.
Selon les partisans de la réforme, confier leur vente aux pharmaciens permettrait de garantir un meilleur accompagnement du consommateur et une utilisation plus sécurisée.
Un enjeu économique pour les pharmacies
Au-delà des considérations sanitaires, la proposition soulève également des enjeux économiques. Le secteur pharmaceutique marocain fait face à des contraintes structurelles, avec une dépendance importante aux marges sur les médicaments.
Dans ce contexte, les compléments alimentaires représentent un marché en pleine expansion, estimé entre 2 et 3 milliards de dirhams, bien qu’il reste largement informel. À titre de comparaison, le marché du médicament atteint environ 26 milliards de dirhams, tandis que celui des dispositifs médicaux avoisine les 7 milliards.
Le Conseil de la concurrence a d’ailleurs récemment ouvert la réflexion sur les modèles économiques des pharmacies et sur la nécessité de diversifier leurs sources de revenus.
Conseil de la concurrence
Vers une future liste réglementaire des produits concernés
La proposition de loi prévoit également qu’un décret d’application viendrait préciser la liste des compléments alimentaires concernés par cette exclusivité. Cette approche progressive permettrait d’encadrer le secteur tout en limitant les risques de dérives ou de restrictions trop larges.
L’objectif affiché est double : protéger la santé publique et renforcer la confiance des consommateurs dans les circuits officiels de distribution.
Un marché en forte croissance mais encore peu structuré
Le marché des compléments alimentaires connaît un essor important, porté par l’intérêt croissant des consommateurs pour la santé, le bien-être et la prévention.
Cependant, ce dynamisme s’accompagne d’une structuration encore incomplète, notamment en matière de contrôle, de normalisation et de transparence. Les acteurs du secteur appellent ainsi à une clarification réglementaire pour accompagner cette croissance.
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