Conflit Israël-Iran : l’armée israélienne accuse Téhéran d’avoir utilisé des missiles à sous-munitions
L’armée israélienne affirme que l’Iran aurait eu recours à des missiles équipés de têtes à sous-munitions dans les frappes menées contre Israël. Ces tirs s’inscriraient dans la riposte iranienne à l’offensive lancée le 28 février par Israël et les États-Unis contre la République islamique, un nouvel épisode d’escalade militaire dans la région.
Selon l’armée israélienne, ces armements auraient été utilisés à plusieurs reprises, sans toutefois que les autorités militaires précisent ni la localisation exacte ni la date des frappes concernées. L’information intervient alors que des images filmées dans le centre d’Israël montrent dans le ciel nocturne une pluie de points lumineux se dispersant avant de chuter vers le sol, un phénomène caractéristique de la dispersion de sous-munitions.
Interrogé sur ces images, le spécialiste en balistique Etienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique, estime qu’elles correspondent à la fragmentation d’une ogive transportée par un missile balistique de moyenne portée. Selon lui, il pourrait s’agir d’un missile iranien de type Ghadr ou Emad, dont la tête pourrait libérer plusieurs dizaines de petites charges explosives. « A priori, il y en aurait environ quatre-vingts par ogive », précise l’expert.
Du côté israélien, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l’armée, affirme que ces armes ont été employées simultanément à plusieurs reprises. Il souligne que leur utilisation contre des zones civiles constituerait un crime de guerre au regard du droit international humanitaire, tout en indiquant que l’armée israélienne continue de suivre l’évolution de la situation.
Les armes à sous-munitions sont conçues pour disséminer un grand nombre de petites charges explosives sur une zone étendue. Leur danger réside non seulement dans leur large périmètre d’impact, mais aussi dans le fait qu’une partie de ces charges n’explose pas immédiatement. Les munitions non détonées peuvent rester actives pendant des mois, voire des années, exposant les populations civiles à des risques persistants.
Face à cette menace, la police israélienne a diffusé un message de prévention destiné à la population. Dans une vidéo adressée au public, un technicien spécialisé dans le déminage explique les risques liés à ces munitions dispersées, évoquant une menace moins visible que les missiles ou les drones, mais tout aussi dangereuse pour les habitants.
Les autorités israéliennes avaient déjà indiqué plus tôt dans la semaine qu’un projectile contenant des sous-munitions avait été identifié après une inspection menée par des experts en déminage. Les détails concernant le lieu précis de l’incident n’ont toutefois pas été rendus publics, en raison des règles de censure militaire qui limitent la diffusion d’informations sur les zones touchées.
Le recours à ce type d’armement reste particulièrement controversé sur le plan international. La convention de 2008 sur les armes à sous-munitions interdit leur utilisation, leur production et leur stockage. Toutefois, ni l’Iran ni Israël ne font partie des États signataires de ce traité.
Les accusations ne sont pas inédites. En juin 2025, Amnesty International avait déjà affirmé que l’Iran avait utilisé des missiles à sous-munitions contre des zones civiles en Israël lors d’affrontements entre les deux pays. L’organisation de défense des droits humains avait alors dénoncé une violation manifeste du droit international humanitaire coutumier.
Dans un contexte régional marqué par une intensification des échanges de frappes et une multiplication des vecteurs d’attaque – missiles, drones ou roquettes – l’éventuelle utilisation de sous-munitions soulève de nouvelles inquiétudes quant à l’impact du conflit sur les populations civiles.
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