Côte d’Ivoire : plus de 10.700 cas de violences basées sur le genre recensés en 2025
Les violences basées sur le genre continuent de représenter un défi majeur en Côte d’Ivoire. Selon les dernières données communiquées par le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, 10.747 cas ont été pris en charge au cours de l’année 2025, révélant l’ampleur persistante du phénomène à travers le pays.
Les statistiques officielles mettent en évidence plusieurs formes de violences touchant principalement les femmes et les jeunes filles. Parmi les cas enregistrés figurent notamment 801 viols, plus de 2.150 agressions physiques, 181 mariages forcés ainsi qu’un nombre important de violences psychologiques, émotionnelles et sexuelles.
Les données font également ressortir 5.096 situations liées au déni de ressources ou de services, une forme de violence économique qui demeure largement répandue et qui affecte particulièrement les personnes en situation de vulnérabilité.
Présentant ces chiffres lors d’une rencontre dédiée au bilan statistique du ministère, le directeur de la Planification, des Études et de la Documentation, Lossény Sylla, a souligné la progression significative du nombre de cas déclarés au cours des dernières années. Selon lui, les signalements sont passés de 711 cas recensés en 2011 à plus de 10.700 en 2025.
Cette évolution traduit à la fois l’ampleur du phénomène et une amélioration progressive des mécanismes de dénonciation et de prise en charge mis en place par les autorités ivoiriennes.
Le ministère indique par ailleurs que les violences sexuelles signalées concernent majoritairement des mineures et des adolescentes. Les violences domestiques représentent également une part particulièrement élevée des cas enregistrés, avec près de 80 % des situations recensées dans le cadre familial ou conjugal.
Concernant les affaires de viol, les autorités mettent en avant un taux important de condamnations judiciaires. Sur les dossiers enregistrés en 2025, près de 90 % auraient abouti à des décisions de justice, selon les chiffres présentés lors de cette rencontre institutionnelle.
Face à cette situation, les responsables ivoiriens appellent à renforcer davantage la sensibilisation, la prévention et les mécanismes de signalement. Le ministère insiste notamment sur l’importance de dénoncer les violences afin de faciliter la protection des victimes et l’engagement des procédures judiciaires.
Au-delà des chiffres, cette problématique reste au cœur des enjeux sociaux et de protection des droits humains en Côte d’Ivoire, où les autorités cherchent à consolider les dispositifs d’accompagnement psychologique, juridique et social destinés aux victimes.
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