Côte d’Ivoire : un nouveau plan de 12,5 millions d’euros pour lutter contre les polluants toxiques
La Côte d’Ivoire accélère sa stratégie environnementale. Les autorités ivoiriennes viennent d’adopter un nouveau programme national consacré à la gestion des polluants organiques persistants (POP), avec un budget dépassant 12,5 millions d’euros. Cette initiative marque une nouvelle étape dans la politique écologique du pays, confronté aux enjeux croissants liés aux substances chimiques dangereuses et à leurs impacts sur la santé publique.
Porté par le ministère ivoirien de l’Environnement et de la Transition écologique, ce dispositif s’étendra sur les cinq prochaines années et s’inscrit dans le cadre des engagements internationaux pris par le pays au titre de la Convention de Stockholm.
Une stratégie axée sur la santé et l’environnement
À travers cette feuille de route, les autorités ivoiriennes souhaitent renforcer le contrôle, le traitement et l’élimination progressive des substances chimiques considérées comme particulièrement nocives pour les populations et les écosystèmes.
Les polluants organiques persistants sont reconnus pour leur forte toxicité et leur capacité à rester durablement présents dans l’environnement. Ces composés peuvent contaminer les sols, l’eau, l’air ainsi que les chaînes alimentaires pendant de longues périodes.
Le gouvernement ivoirien affirme vouloir réduire les risques sanitaires liés à l’exposition de certaines populations vulnérables, tout en améliorant les mécanismes de gestion des déchets chimiques et agricoles.
Une priorité accordée aux PCB et aux déchets agricoles
Le nouveau programme prévoit notamment l’élimination progressive d’environ 1.000 tonnes de polychlorobiphényles (PCB) d’ici 2028. Ces substances industrielles, longtemps utilisées dans certains équipements électriques, figurent parmi les produits chimiques les plus surveillés au niveau international.
Le plan cible également la gestion de près de 2.500 tonnes d’emballages de pesticides générés chaque année dans le pays. Ces déchets constituent un défi environnemental majeur en raison des risques de contamination des terres agricoles et des ressources hydriques.
Les autorités souhaitent ainsi structurer une filière plus durable de traitement et de récupération des déchets chimiques afin de limiter leur impact sur les zones rurales et agricoles.
Une montée en puissance des engagements environnementaux
Partie prenante de la Convention de Stockholm depuis 2004, la Côte d’Ivoire avait déjà élaboré un premier programme national en 2016. Depuis cette période, la liste des substances concernées par la convention internationale s’est considérablement élargie.
Aujourd’hui, 34 produits chimiques figurent parmi les substances surveillées en raison de leur dangerosité pour l’environnement et la santé humaine.
Selon les autorités ivoiriennes, l’adoption de ce nouveau plan traduit la volonté de renforcer l’application concrète du Code de l’environnement adopté en 2023 et d’accélérer le passage vers des politiques environnementales plus opérationnelles.
Un déploiement prévu en plusieurs étapes
Afin de sécuriser les financements nécessaires, le programme a été structuré en trois phases successives.
La première étape portera principalement sur le traitement des stocks de produits chimiques obsolètes et des déchets agricoles dangereux, tout en renforçant les dispositifs de prévention auprès des populations exposées.
Les autorités ivoiriennes ambitionnent également d’améliorer les capacités techniques des structures publiques impliquées dans le suivi environnemental et le contrôle des substances toxiques.
Un enjeu régional pour l’Afrique de l’Ouest
Au-delà de la seule dimension nationale, ce programme s’inscrit dans un contexte africain marqué par une pression croissante sur les ressources naturelles et les systèmes agricoles.
La gestion des produits chimiques et des déchets dangereux devient progressivement un enjeu stratégique pour plusieurs pays de la région, confrontés à la fois aux défis sanitaires, agricoles et climatiques.
En renforçant son arsenal réglementaire et opérationnel, la Côte d’Ivoire cherche désormais à consolider sa transition écologique tout en répondant aux standards environnementaux internationaux.
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