Crise à Madagascar : Andry Rajoelina refuse de démissionner et appelle au respect de la Constitution
Le président malgache Andry Rajoelina a rejeté lundi soir toute idée de démission, affirmant qu’il fallait « respecter la Constitution », dans sa première prise de parole depuis un lieu tenu secret. Son intervention, diffusée sur les réseaux sociaux mais non retransmise par la télévision publique, intervient dans un contexte de forte instabilité politique marquée par le ralliement de plusieurs unités militaires au mouvement de contestation.
Le chef de l’État, âgé de 51 ans, a déclaré se trouver dans un « lieu sûr » après une « tentative de meurtre », sans donner davantage de détails. Alors que la rumeur court sur son éventuel départ à l’étranger — notamment à La Réunion puis vers une autre destination, selon la radio française RFI — le doute plane sur sa présence effective à Madagascar.
Dans les rues d’Antananarivo, la capitale, des scènes de liesse ont accompagné ce que beaucoup de manifestants perçoivent comme le début de la fin du régime Rajoelina. Des milliers de personnes, rejoints par des soldats, ont défilé pacifiquement, exigeant la démission du président et la fin de la corruption.
Élu une première fois en 2018, puis réélu en 2023 lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, Andry Rajoelina fait face depuis le 25 septembre à un mouvement de contestation populaire né d’une colère initialement dirigée contre les coupures répétées d’eau et d’électricité. Rapidement, les revendications se sont élargies à la dénonciation d’un pouvoir jugé autoritaire et déconnecté des réalités sociales.
L’armée, longtemps soutien du président, semble désormais divisée. Ce week-end, le Capsat — une unité militaire déjà impliquée dans le coup d’État de 2009 qui avait porté M. Rajoelina au pouvoir — a annoncé refuser de tirer sur les manifestants, rejoignant ainsi le mouvement.
Dans la foulée, le président du Sénat Richard Ravalomanana, figure impopulaire surnommée « Général Bomba » pour sa répression musclée en 2009, a démissionné sous la pression de la rue. Quant à l’homme d’affaires Maminiaina Ravatomanga, proche du président, il aurait fui à l’île Maurice dimanche matin, selon les autorités mauriciennes.
Face à la montée des tensions, l’Union africaine a mis en garde contre toute « tentative de changement anticonstitutionnel », exhortant l’armée malgache à ne pas s’ingérer dans les affaires politiques.
Pour tenter d’apaiser les esprits, le président a signé un décret de remise de peine libérant plusieurs détenus, dont le Franco-Malgache Paul Maillot Rafanoharana, condamné en 2021 pour tentative de coup d’État. Mais ces gestes symboliques n’ont pas suffi à calmer une population exaspérée.
Depuis le début des manifestations, au moins 22 personnes ont été tuées et plus d’une centaine blessées, selon les Nations unies. Dans un pays où 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté — soit avec moins de 2,80 euros par jour —, la crise actuelle révèle une fois encore la fragilité structurelle de l’État malgache et la profonde désillusion d’un peuple qui réclame dignité et justice.
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