Crise au Pérou : 75 blessés lors d’une manifestation violente à Lima
Le Pérou s’enfonce dans la crise. Au moins 75 personnes ont été blessées mercredi à Lima, dont 55 policiers et 20 civils, lors d’une vaste manifestation contre l’insécurité et la classe politique. Cette nouvelle flambée de tensions intervient alors que le pays vient de connaître un changement brutal de leadership, avec l’arrivée au pouvoir du président par intérim José Jeri, après la destitution expresse de Dina Boluarte.
Des milliers de manifestants se sont rassemblés dans plusieurs grandes villes du pays — Lima, Arequipa, Cusco et Puno — pour dénoncer une vague d’extorsions, de meurtres et de violences qui secoue la population depuis plusieurs mois. Chauffeurs de taxi, commerçants, artistes et étudiants figurent parmi les principales cibles de cette montée de la criminalité.
La manifestation, prévue avant même le départ de Dina Boluarte, a rassemblé une coalition de citoyens en colère, dont de nombreux jeunes issus du mouvement « Gen Z », reconnaissables à leurs drapeaux « One Piece ». Ce symbole, inspiré du célèbre manga japonais où le héros s’oppose à des systèmes corrompus, est devenu l’emblème d’une jeunesse péruvienne en quête de justice et de renouveau.
« Il y a un mécontentement général parce que rien n’a été fait pour nous protéger », confie Amanda Meza, travailleuse indépendante de 49 ans, rencontrée en marche vers le Congrès. « L’insécurité, les extorsions, les assassinats commandités… tout s’aggrave. Nous disons simplement : pas un mort de plus ! »
Alors que la mobilisation s’était déroulée pacifiquement dans la journée, les tensions ont dégénéré à la tombée de la nuit. Plusieurs manifestants ont tenté de forcer les barrières de sécurité autour du Congrès. Les forces de l’ordre ont alors répliqué avec des gaz lacrymogènes et des charges de maintien de l’ordre, provoquant des affrontements d’une rare intensité.
Le général Oscar Arriola, porte-parole de la police, a confirmé que plusieurs agents avaient été blessés et évacués, dénonçant « un degré élevé de violence et des attaques ciblées contre les policiers ».
De son côté, le président José Jeri a promis une réponse ferme : « Les caméras de surveillance permettront d’identifier les délinquants infiltrés dans une manifestation pacifique pour semer le chaos. Toute la rigueur de la loi s’appliquera à leur encontre. » Il a par ailleurs indiqué que 10 personnes avaient été arrêtées, tout en reconnaissant la légitimité du mouvement social : « L’expression citoyenne est un droit, mais nous ne tolérerons pas la violence comme moyen d’action. »
La situation politique et sécuritaire du Pérou reste extrêmement instable. La destitution de Dina Boluarte, intervenue vendredi dernier, a laissé un vide institutionnel profond. José Jeri, président du Parlement avant de devenir chef de l’État par intérim, assure vouloir ramener l’ordre d’ici les élections prévues en juillet 2026.
Mais sa légitimité est déjà contestée : plusieurs organisations féministes ont manifesté à Lima contre son accession au pouvoir, brandissant une immense banderole accusatrice : « José Jeri, président du Pérou, violeur », en référence à une plainte pour viol classée sans suite qui le visait dans le passé.
Selon les ONG locales, près de 150 personnes ont été blessées au total depuis le début des mobilisations fin septembre, parmi lesquelles des policiers, des manifestants et des journalistes. Face à cette crise, la population réclame à la fois sécurité, transparence et réformes politiques profondes, dans un pays miné par la corruption et les inégalités.
-
14:03
-
13:03
-
12:04
-
11:01
-
10:00
-
09:30
-
09:30
-
09:00
-
21:00
-
20:00
-
19:30
-
19:00
-
18:30
-
18:00
-
17:30
-
17:07
-
16:44
-
16:30
-
16:06
-
15:44
-
15:30
-
15:00