Crise diplomatique : Cuba évoque un scénario de guerre et Washington durcit ses mesures
Les relations entre Cuba et les États-Unis connaissent une nouvelle phase de fortes tensions, marquée par des accusations mutuelles, des sanctions renforcées et une rhétorique de plus en plus alarmante.
Le président cubain Miguel Díaz-Canel a averti qu’une éventuelle attaque contre son pays pourrait entraîner un « bain de sang aux conséquences incalculables ». Selon lui, La Havane ne représente aucune menace pour d’autres nations, mais revendique le droit de se défendre face à toute agression extérieure.
Ces déclarations interviennent dans un contexte déjà tendu, après des informations relayées par des médias internationaux, notamment Axios, selon lesquelles Cuba aurait acquis plusieurs centaines de drones militaires et envisagerait différents scénarios opérationnels, notamment dans les zones proches de la base américaine de Guantanamo. Des responsables américains évoquent de leur côté une « menace croissante » liée à ces capacités.
Une escalade diplomatique et sécuritaire
Washington continue d’accroître la pression sur l’île. Le département du Trésor a récemment élargi sa liste de sanctions en ciblant des responsables cubains de haut rang, dont des membres du gouvernement et des officiers militaires. Parmi les figures visées figurent des ministres ainsi que des responsables du renseignement et de la sécurité.
Ces mesures s’inscrivent dans la politique de restrictions économiques déjà en place depuis plusieurs décennies, renforcée par de nouvelles décisions récentes touchant les secteurs stratégiques liés à l’armée et à la sécurité intérieure.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a averti que d’autres sanctions pourraient suivre, accentuant encore la pression sur La Havane. De son côté, le système de sanctions de l’OFAC interdit toute relation commerciale avec les entités concernées et entraîne le gel de leurs avoirs aux États-Unis.
Une crise économique et énergétique aggravée
Au-delà du conflit diplomatique, Cuba fait face à une situation intérieure difficile. Le pays traverse une grave crise énergétique, marquée par des pénuries de carburant qui affectent directement la production électrique.
Les coupures de courant se sont intensifiées, pouvant durer de nombreuses heures, voire plusieurs jours dans certaines régions. Cette situation a provoqué des tensions sociales et des manifestations sporadiques dans certains quartiers de La Havane.
Dans ce contexte, des aides humanitaires en provenance de Mexique continuent d’arriver, témoignant de la solidarité régionale face à la crise.
Une région sous haute tension
Les déclarations du président américain Donald Trump, qui considère Cuba comme une menace pour la sécurité nationale américaine, contribuent également à durcir le climat diplomatique. Des responsables américains, dont des membres des services de renseignement comme la CIA, ont récemment participé à des discussions exceptionnelles avec des représentants cubains, signe d’un dialogue fragile mais toujours actif.
Entre sanctions économiques, accusations sécuritaires et crise interne, la relation entre La Havane et Washington reste profondément conflictuelle, sans perspective immédiate d’apaisement.
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