Croissance du Maroc : pourquoi l’économie pourrait atteindre 5,3 % en 2026
L’économie marocaine devrait connaître une nette accélération en 2026. Les projections du gouvernement font état d’une croissance de 5,3 %, un niveau qui reflète les attentes liées à une meilleure campagne agricole ainsi qu’à la poursuite des politiques publiques destinées à soutenir l’investissement, l’emploi et la protection sociale.
Présentées par la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, lors de réunions consacrées au suivi de la Loi de finances 2026 et à la préparation des orientations budgétaires pour les années à venir, ces prévisions traduisent la volonté de consolider les équilibres macroéconomiques tout en poursuivant les grands chantiers de développement.
Une dynamique économique soutenue par l’agriculture et l’investissement
Après plusieurs années marquées par les effets conjugués des sécheresses successives, de l’inflation mondiale et des tensions géopolitiques, les perspectives pour 2026 reposent sur un retour attendu à une production agricole plus favorable. Ce rebond devrait renforcer la valeur ajoutée du secteur primaire et soutenir l’ensemble de l’activité économique.
Parallèlement, l’investissement public demeure un levier majeur de la stratégie gouvernementale. Les dépenses consacrées aux infrastructures, aux projets structurants et à la généralisation de la protection sociale devraient continuer à stimuler la demande intérieure et accompagner la transformation du tissu économique.
Des finances publiques en amélioration
Les indicateurs budgétaires observés au cours du premier semestre 2026 témoignent d’une évolution favorable des finances publiques. Les recettes ordinaires de l’État progressent grâce à l’amélioration des recettes fiscales et non fiscales ainsi qu’au renforcement des mécanismes de recouvrement.
Cette évolution offre davantage de marge pour financer les politiques publiques prioritaires sans remettre en cause les principaux équilibres budgétaires. Le gouvernement entend ainsi poursuivre simultanément les investissements structurants et les réformes sociales engagées ces dernières années.
Une inflation en fort ralentissement
L’environnement économique bénéficie également d’un net apaisement des tensions inflationnistes. Le recul des prix alimentaires a permis de contenir l’inflation à un niveau particulièrement modéré durant les premiers mois de 2026.
Cette évolution contribue à préserver le pouvoir d’achat des ménages et favorise une reprise progressive de la consommation, considérée comme l’un des principaux moteurs de la croissance nationale.
Le marché de l’emploi affiche également quelques signes d’amélioration, même si le niveau du chômage demeure élevé. Les autorités poursuivent leurs efforts afin de renforcer la création d’emplois durables, notamment à travers les investissements publics et le soutien au secteur privé.
Les exportations résistent, mais le déficit commercial se creuse
Le commerce extérieur présente une situation plus contrastée. Les exportations marocaines poursuivent leur progression, portées principalement par les industries automobile et aéronautique, qui confirment leur rôle stratégique dans l’économie nationale.
Toutefois, la hausse plus rapide des importations accentue le déficit commercial. Cette évolution reste en partie compensée par deux importantes sources de devises : les transferts des Marocains résidant à l’étranger et les recettes générées par le secteur touristique, qui continuent d’apporter un soutien significatif à la balance des paiements.
Une trajectoire prudente à partir de 2027
Malgré les perspectives favorables pour 2026, le gouvernement privilégie une approche prudente pour les années suivantes. Les projections économiques anticipent une croissance plus modérée entre 2027 et 2029, dans un environnement mondial susceptible de rester affecté par les tensions géopolitiques, la volatilité des marchés énergétiques et les incertitudes économiques internationales.
Ces prévisions reposent notamment sur des hypothèses de stabilité de l’inflation, de prix de l’énergie relativement maîtrisés et d’une production agricole conforme aux moyennes historiques.
Concilier croissance, investissement et discipline budgétaire
Le principal défi des prochaines années consistera à maintenir un rythme élevé d’investissement public tout en poursuivant la généralisation de la protection sociale et en préservant les équilibres des finances publiques.
L’exécutif devra ainsi trouver un équilibre entre le financement des grands projets structurants, la maîtrise du déficit budgétaire et la capacité du Royaume à faire face à d’éventuels chocs économiques internationaux. Si les conditions prévues se concrétisent, 2026 pourrait constituer une étape importante dans la consolidation de la reprise économique marocaine.
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