Culottes menstruelles : 6,7 millions de personnes concernées par le nouveau dispositif
Depuis le 1er octobre, certaines culottes menstruelles bénéficient d’une prise en charge lorsqu’elles sont achetées en pharmacie par les personnes de moins de 26 ans ou par les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire. Le dispositif concerne potentiellement 6,7 millions de personnes et vise notamment à apporter une réponse à la précarité menstruelle.
La mesure ne s’applique toutefois pas à l’ensemble des culottes menstruelles disponibles sur le marché. Seuls les produits distribués en pharmacie et inscrits dans le référencement établi par le ministère de la Santé peuvent être concernés.
Des critères précis pour bénéficier du dispositif
Pour intégrer le dispositif, les produits doivent répondre à un cahier des charges défini autour de plusieurs caractéristiques. Les culottes doivent notamment utiliser des matières bénéficiant d’une certification Oeko-Tex et supporter au moins 52 cycles de lavage à 30 °C.
Le niveau d’absorption constitue également un critère déterminant : les modèles éligibles doivent pouvoir absorber au minimum 20 millilitres. Les fabricants doivent par ailleurs proposer une gamme suffisamment large, avec au moins huit tailles, dont une adaptée aux adolescentes.
La prise en charge reste plafonnée à deux produits sur une période de douze mois. Cette période commence à courir à partir du premier achat ayant donné lieu à un remboursement, selon les modalités précisées par l’Assurance Maladie.
La pharmacie devient un nouveau canal de distribution
Pour les fabricants qui ont obtenu le référencement nécessaire, l’arrivée de ces produits dans les officines représente une évolution commerciale importante. Plusieurs acteurs français se sont positionnés sur ce nouveau marché, parmi lesquels Lemahieu, Biocodex, Petites Choses, Claripharm, Sisters Republic et Elia Innovation.
L’enjeu dépasse toutefois la seule commercialisation. Les marques doivent également adapter leur organisation à un circuit de distribution différent de celui de la vente traditionnelle de produits menstruels, avec des exigences spécifiques liées au référencement et à l’information des professionnels de santé.
Elia mise sur une production française
Elia Innovation fait partie des entreprises qui ont préparé leur offre pour ce nouveau dispositif. La marque travaille avec Eminence, implanté à Sauve, dans le Gard, sur une culotte noire conçue en coton biologique.
Le produit est annoncé à un coût de 9,40 euros, tandis que son prix de vente ne pourra pas dépasser 14,40 euros pour entrer dans le cadre du dispositif.
Pour Marion Goilav, cofondatrice d’Elia, cette évolution représente à la fois un moyen de contribuer à la lutte contre la précarité menstruelle et une opportunité pour l’industrie textile française. La mise en place de la distribution en pharmacie constitue néanmoins un défi logistique et industriel pour les fabricants.
Lemahieu mise sur le savoir-faire local
À Roubaix, le fabricant Lemahieu a également obtenu le référencement de ses culottes menstruelles Achel. L’entreprise, qui bénéficie du label France Terre Textile, met en avant une fabrication réalisée en France, de la conception au contrôle du produit, en passant par le tricotage et la confection.
L’arrivée de ces articles dans les pharmacies implique également un travail d’accompagnement auprès des officines. Les équipes doivent pouvoir disposer d’informations suffisamment précises pour présenter les produits, expliquer leurs caractéristiques et orienter les personnes concernées par le dispositif.
Un dispositif tourné vers la lutte contre la précarité menstruelle
À travers cette prise en charge ciblée, le dispositif entend réduire le coût d’accès à une protection menstruelle réutilisable pour les jeunes et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire.
Pour les fabricants français, cette nouvelle possibilité de remboursement ouvre parallèlement un canal de distribution supplémentaire. Elle pourrait ainsi contribuer à rapprocher les enjeux de santé publique, d’accès aux protections menstruelles et de maintien d’une production textile locale.
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