Dakar : la mort d’un étudiant à l’UCAD ravive la colère du monde universitaire
La communauté universitaire sénégalaise est sous le choc après le décès d’un étudiant en médecine survenu à Dakar, à la suite de violents affrontements entre forces de l’ordre et étudiants. Le drame s’est produit au sein de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), l’un des établissements les plus prestigieux d’Afrique de l’Ouest, et a ravivé les tensions récurrentes autour des conditions de vie estudiantines.
Dans un communiqué officiel publié mardi, la porte-parole du gouvernement sénégalais, Marie-Rose Khady Fatou Faye, a confirmé la mort d’Abdoulaye Ba, étudiant inscrit en deuxième année de licence dans le domaine médical. Les autorités n’ont toutefois pas précisé les circonstances exactes du décès, appelant à la retenue et promettant de faire toute la lumière sur ce drame.
En réaction aux événements, le gouvernement a ordonné la fermeture immédiate et jusqu’à nouvel ordre de la cité universitaire de l’UCAD. Dès mardi matin, de nombreux étudiants ont été contraints de quitter les lieux. Devant l’entrée principale de l’université, plusieurs dizaines d’entre eux attendaient, leurs effets personnels posés à même le sol, sans savoir comment regagner leurs régions d’origine faute de moyens financiers.
La colère et la détresse étaient palpables. Certains étudiants ont témoigné de conditions de vie extrêmement précaires, aggravées par les retards persistants dans le versement des bourses. Ces aides, essentielles pour une large frange de la population étudiante, peuvent varier entre 20 000 et 60 000 francs CFA par mois, mais leur paiement accuse souvent plusieurs mois de retard en raison des perturbations du calendrier universitaire.
Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des scènes de grande tension dans l’enceinte de l’université : interventions policières, usage de gaz lacrymogène et ripostes d’étudiants par des jets de pierres. Mardi encore, un important dispositif de sécurité restait déployé aux abords du campus, avec des véhicules blindés positionnés sur certains axes stratégiques.
De son côté, l’Amicale des étudiants de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie a dénoncé ce qu’elle qualifie de « décès tragique » imputable à des violences policières. Selon cette organisation, Abdoulaye Ba, étudiant en chirurgie dentaire, se trouvait dans sa chambre au moment des faits et n’aurait pas participé aux manifestations. Ces accusations n’ont pas pu être confirmées de manière indépendante à ce stade.
Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, la RADDHO et la Ligue sénégalaise des droits humains, ont exprimé leur vive inquiétude face à la multiplication des violences dans les universités publiques. Elles dénoncent un usage jugé excessif de la force et réclament l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale, ainsi que la libération des étudiants interpellés.
Au-delà de ce drame, cette affaire met en lumière les profondes difficultés économiques et sociales auxquelles est confrontée la jeunesse sénégalaise. Les étudiants, déjà fragilisés par la précarité et l’incertitude académique, redoutent désormais une suppression définitive du paiement des arriérés de bourse, une perspective qui alimente encore davantage la contestation.
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