Déficit commercial en hausse : les signaux contrastés de l’économie marocaine
Le dernier bulletin publié par l’Office des changes dresse un tableau contrasté des échanges extérieurs du Maroc à fin janvier 2026. Si les services continuent d’afficher une performance encourageante, le commerce des marchandises reste marqué par un déficit en aggravation.
Selon les données officielles, le déficit commercial s’est établi à 25,519 milliards de dirhams, contre 24,285 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 5,1 % en glissement annuel. Cette évolution traduit un déséquilibre persistant entre importations et exportations.
Des importations quasi stables, des exportations en recul
Dans le détail, les importations ont légèrement progressé, atteignant 60,023 milliards de dirhams, contre 59,758 milliards à la même période en 2025. Cette augmentation modérée de 0,4 % reste insuffisante pour expliquer à elle seule le creusement du déficit.
Le principal facteur réside plutôt dans la baisse des exportations, qui ont reculé de 2,7 %, soit près d’un milliard de dirhams en moins sur un an. Cette contraction pèse directement sur l’équilibre global de la balance commerciale et reflète un contexte international encore incertain.
Les services apportent une bouffée d’oxygène
À l’inverse, la balance des services enregistre une amélioration notable. Son excédent atteint 14,04 milliards de dirhams, en progression de 15 % par rapport à l’année précédente. Cette performance atténue partiellement l’impact du déficit commercial.
Le secteur des voyages se distingue particulièrement. La balance voyages affiche un solde positif en nette hausse, soutenu par une augmentation significative des recettes touristiques. Cette dynamique confirme la reprise continue de l’activité liée au tourisme et aux déplacements internationaux.
Transferts des MRE et IDE en repli
En revanche, d’autres indicateurs soulèvent des préoccupations. Les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont légèrement diminué, enregistrant un recul de 0,8 %. Bien que modérée, cette baisse interrompt la tendance de progression observée ces dernières années.
Les investissements directs étrangers connaissent également un fléchissement, avec une diminution de 7,9 %. Les investissements marocains à l’étranger accusent, quant à eux, un repli encore plus marqué. Ces évolutions traduisent un climat d’investissement plus prudent, tant au niveau national qu’international.
Un équilibre extérieur fragile
En définitive, la photographie des échanges extérieurs à fin janvier 2026 met en évidence un équilibre fragile. L’excédent des services et la bonne tenue du secteur des voyages constituent des points d’appui importants pour l’économie marocaine. Toutefois, le creusement du déficit commercial et la baisse des flux financiers extérieurs rappellent la vulnérabilité de la dynamique actuelle.
Le début d’année confirme ainsi que la consolidation des exportations et l’attractivité des investissements demeurent des enjeux centraux pour renforcer la résilience économique du Royaume.
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