Diplomatie : L’Espagne met officiellement fin aux fonctions de son ambassadrice en Israël
Le gouvernement de l’Espagne a officiellement mis fin aux fonctions de son ambassadrice auprès d’Israël, une décision entérinée par un décret royal publié au Journal officiel. La diplomate Ana María Sálomon Pérez avait déjà été rappelée à Madrid depuis septembre 2025, dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre les deux pays.
Le décret, signé par le roi Felipe VI sur proposition du ministère espagnol des Affaires étrangères, formalise la fin de sa mission diplomatique. Le texte remercie l’ambassadrice pour les services rendus au cours de son mandat, tout en actant la vacance du poste.
Une représentation diplomatique suspendue
Si le gouvernement espagnol souhaite rétablir une représentation diplomatique complète en Israël, il devra désigner un nouveau représentant ou une nouvelle représentante. Ce futur diplomate devra ensuite présenter ses lettres de créance aux autorités israéliennes afin de prendre officiellement ses fonctions.
Pour l’heure, cette étape n’a pas été engagée, ce qui laisse le poste vacant dans un contexte diplomatique particulièrement sensible.
Des relations tendues depuis la guerre à Gaza
Les relations entre l’Espagne et Israël se sont nettement dégradées ces dernières années. Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Pedro Sánchez s’est imposé comme l’une des voix européennes les plus critiques à l’égard de la politique du gouvernement israélien.
Les tensions se sont accentuées après les opérations militaires menées par Israël dans la bande de Gaza, à la suite de l’attaque du mouvement Hamas contre le territoire israélien le 7 octobre 2023.
Le rappel de l’ambassadrice espagnole en septembre 2025 avait déjà marqué une étape importante dans cette détérioration diplomatique.
Des échanges particulièrement virulents
La décision de Madrid avait suscité une réaction immédiate du gouvernement israélien. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, avait vivement critiqué le Premier ministre espagnol, accusant Pedro Sánchez d’adopter une position hostile à Israël.
Ces tensions avaient été alimentées par les déclarations du chef du gouvernement espagnol exprimant son soutien aux manifestations pro-palestiniennes organisées dans le pays.
La reconnaissance de la Palestine au cœur des tensions
La relation bilatérale entre les deux États s’est également compliquée après la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par l’Espagne en 2024. Cette décision avait entraîné une réaction immédiate d’Israël, qui avait à son tour suspendu sa représentation diplomatique à Madrid.
Depuis cette reconnaissance, Israël ne dispose plus d’ambassadeur en Espagne, ce qui souligne la profondeur de la crise diplomatique entre les deux pays.
Une crise diplomatique dans un contexte régional instable
Les divergences entre Madrid et Tel-Aviv se sont récemment étendues à d’autres dossiers internationaux. Le Premier ministre Pedro Sánchez a notamment exprimé son opposition aux frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, renforçant les désaccords politiques entre les deux gouvernements.
Dans ce contexte marqué par les tensions régionales au Moyen-Orient, la décision de mettre fin officiellement au mandat de l’ambassadrice espagnole confirme l’état fragile des relations diplomatiques entre l’Espagne et Israël.
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