Disparition de Michel Portal : l’icône du jazz moderne laisse un héritage majeur
Le monde de la musique perd l’un de ses esprits les plus libres. Le clarinettiste et compositeur français Michel Portal est décédé à l’âge de 90 ans, laissant derrière lui une trajectoire artistique exceptionnelle, jalonnée d’expérimentations sonores, de distinctions prestigieuses et de collaborations majeures. Figure singulière du paysage musical, il aura traversé plus de six décennies de création sans jamais se laisser enfermer dans une seule esthétique.
Né à Bayonne le 27 novembre 1935, il s’initie très tôt à la clarinette avant d’intégrer le Conservatoire de Paris, où il obtient un premier prix en 1959. Cette formation classique rigoureuse devient le socle d’une carrière protéiforme. Rapidement reconnu comme soliste, il participe aux créations d’œuvres contemporaines de compositeurs majeurs tels que Pierre Boulez, Luciano Berio ou Karlheinz Stockhausen, confirmant son aisance dans les répertoires exigeants.
Mais Michel Portal refuse toute assignation artistique. Multi-instrumentiste virtuose — clarinette, saxophone, bandonéon ou encore taragot — il s’impose comme l’un des pionniers du free jazz en Europe. Dès le milieu des années 1960, il contribue à affirmer une identité jazzistique affranchie des modèles américains, ouvrant la voie à une scène européenne plus audacieuse et expérimentale. Sa formation, le Michel Portal Unit, marque les esprits lors de concerts devenus références, notamment à Châteauvallon et Uzeste.
Son parcours témoigne d’un goût constant pour le métissage musical. Fasciné par les croisements culturels, il explore le tango, la musique du monde, le funk ou encore les formes hybrides, collaborant avec des artistes venus d’horizons variés. Cette curiosité permanente nourrit une discographie dense et inventive, dont l’album MP85, publié à l’occasion de ses 85 ans, illustre la vitalité intacte. Enregistré avec des musiciens de plusieurs nationalités, l’opus reçoit le prix du meilleur album instrumental aux Victoires du jazz.
Compositeur recherché pour l’image, il signe également de nombreuses musiques de films récompensées par trois César, ainsi que deux Sept d’or. Ces distinctions s’ajoutent à un Grand Prix national de la musique et à plusieurs trophées professionnels, confirmant l’empreinte durable de son travail sur la scène artistique française et internationale.
Ceux qui l’ont côtoyé saluent un créateur insatiable, animé par une volonté constante de renouvellement. Lui-même se décrivait comme un musicien incapable de routine, préférant l’énergie du mouvement à la répétition des formules. Jusqu’à un âge avancé, il continuait à travailler avec intensité, animé par une curiosité intacte et un goût affirmé pour l’improvisation.
Avec sa disparition, le jazz européen perd l’un de ses architectes les plus audacieux, un artiste pour qui la musique était moins un genre qu’un territoire sans frontières.
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