Droits de douane : le Brésil et les États-Unis reprennent leurs négociations
Le Brésil et les États-Unis s’apprêtent à reprendre leurs discussions commerciales, après plusieurs semaines de tensions liées à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines sur les produits brésiliens. Une première réunion par visioconférence doit se tenir lundi entre les représentants des deux pays, dans le prolongement de l’échange téléphonique du 21 août entre les présidents Luiz Inácio Lula da Silva et Donald Trump.
La rencontre réunira le ministre brésilien du Développement, de l’Industrie, du Commerce et des Services, Márcio Elias Rosa, et le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer. Elle doit permettre de remettre sur les rails un dialogue bilatéral fragilisé depuis l’annonce, en juillet, de nouvelles mesures tarifaires visant les exportations brésiliennes.
Un différend commercial aux multiples dimensions
Washington a notamment appliqué une surtaxe de 25 % à plusieurs catégories de produits brésiliens, en invoquant des pratiques considérées comme défavorables aux intérêts commerciaux américains. Parmi les dossiers cités figurent la déforestation ainsi que le système brésilien de paiement électronique Pix.
Une autre surtaxe, fixée à 12,5 %, concerne une soixantaine de pays accusés par les États-Unis de recourir au travail forcé. Ces mesures ont accentué la pression sur les relations économiques entre les deux principales économies des Amériques.
Lors de son entretien avec Donald Trump, Lula a contesté les justifications avancées par Washington, les qualifiant d’infondées, tout en privilégiant la poursuite des négociations afin de rechercher une issue au différend.
Brasilia ne table toutefois pas sur une résolution immédiate. Les autorités brésiliennes estiment qu’un éventuel compromis pourrait prendre du temps, avec la perspective d’un accord éventuellement repoussée au-delà des élections législatives prévues en octobre.
Des secteurs stratégiques au cœur des discussions
Le gouvernement brésilien entend conserver une marge de manœuvre sur plusieurs secteurs considérés comme stratégiques pour l’économie nationale. Les minerais critiques et Pix figurent notamment parmi les dossiers que Brasilia souhaite protéger dans les discussions avec l’administration américaine.
Le Brésil se montre néanmoins ouvert à certaines concessions. Une éventuelle baisse des droits appliqués à des biens d’équipement pourrait ainsi être examinée. L’éthanol pourrait également entrer dans les discussions, mais Brasilia souhaite que ce dossier soit traité en tenant compte de l’ensemble de sa politique en matière de biocarburants et de la filière sucrière.
Cette approche traduit la volonté du gouvernement Lula de maintenir ouvertes les négociations sans renoncer aux intérêts industriels et technologiques jugés prioritaires.
Brasilia veut maintenir la pression diplomatique
Le vice-président brésilien et ministre du Développement, de l’Industrie, du Commerce et des Services, Geraldo Alckmin, a confirmé lundi la volonté du pays de poursuivre les échanges avec Washington.
Pour le gouvernement brésilien, le retour à la table des négociations constitue désormais un levier essentiel pour tenter de réduire les tensions commerciales et préserver les échanges bilatéraux. Les discussions pourraient également dépasser la seule question des droits de douane.
Un projet portant sur l’implantation de centres de données au Brésil pourrait notamment être abordé. Ce dossier présente un potentiel intérêt pour les groupes américains du secteur technologique et pourrait ouvrir une nouvelle piste de coopération économique entre les deux pays.
Un contexte politique sensible
La reprise des discussions intervient dans un environnement politique particulièrement délicat au Brésil. Le pays se prépare à une nouvelle séquence électorale en octobre, alors que Lula envisage de briguer un quatrième mandat.
Le différend avec Washington revêt donc également une dimension politique intérieure. Donald Trump entretient en effet des relations étroites avec les milieux conservateurs brésiliens, tandis que Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, figure parmi les adversaires politiques de Lula.
Pour Brasilia, l’enjeu est ainsi double : défendre ses intérêts commerciaux face aux nouvelles barrières américaines tout en évitant une détérioration durable des relations avec Washington. La réunion entre les négociateurs brésiliens et américains constitue une première étape, mais les divergences restent nombreuses et pourraient rendre les discussions longues et complexes.
-
15:15
-
15:00
-
14:45
-
14:30
-
14:15
-
14:00
-
13:45
-
13:30
-
13:15
-
13:00
-
12:45
-
12:30
-
12:15
-
12:00
-
11:45
-
11:30
-
11:15
-
11:00
-
10:45
-
10:30
-
10:15
-
10:00
-
09:45
-
09:30
-
09:15
-
09:00
-
23:00
-
22:45
-
22:30
-
22:15
-
22:00
-
21:45
-
21:30
-
21:15
-
21:00
-
20:45
-
20:30
-
20:15
-
20:00
-
19:45
-
19:30
-
19:15
-
19:00
-
18:45
-
18:44
-
18:39
-
18:30
-
18:15
-
18:00
-
17:45
-
17:30
-
17:15
-
17:00
-
16:45
-
16:31
-
16:15
-
16:09
-
15:40
-
15:31
-
15:30